Chikungunya : deux décès en Polynésie française

Le chikungunya peut entrainer la mort

Les deux nouveaux décès survenus la semaine dernière en Polynésie française, dont celui d’un nourrisson de huit jours, rappellent douloureusement que ce virus n’est pas toujours bénin. Dans certaines situations, prudence et surveillance s’imposent.

Dans la plupart des cas, le chikungunya n’est pas grave, même si c’est une maladie invalidante avec forte fièvre et douleurs articulaires. Les malades guérissent généralement en quelques jours et le traitement se limite à la réduction des symptômes. C’est essentiellement sur cette description bénigne de ce nouveau type d’épidémie que toute la communication officielle a été basée au cours des premières semaines de circulation du virus.
Les messages de prévention rappelaient les opérations de prévention à mener sur des gîtes larvaires de sa maison et à la protection contre les piqures de moustiques par l’utilisation de répulsifs, de moustiquaires, le port de vêtements couvrants.

Le risque varie en fonction de l’âge et de l’état de santé

Les autorités médicales ou gouvernementales ont généralement déclaré que « le chikungunya n’est pas mortel », mais les deux premiers décès en lien avec le chikungunya ont rappelé qu’il existe néanmoins des situations « à risques » concernant ce virus. On comprend maintenant bien que le chikungunya est à surveiller de près lorsqu’il touche des personnes âgées, des patients atteints de longues maladies, ou des femmes enceintes en fin de grossesse en raison du fort risque de transmission à l’accouchement.

En Polynésie française, certaines pathologies lourdes « à risques » pour le chikungunya sont particulièrement répandues. 40% de la population est par exemple en situation d’obésité (71% en surpoids) avec pour certains du diabète et/ou une insuffisance rénale chronique. En outre, près de 30% des Polynésiens souffrent d’hypertension artérielle. Les situations « à risques » seraient donc assez nombreuses à Tahiti avec l’explosion de l’épidémie de chikungunya. Les deux décès de la semaine dernière, un homme de 80 ans en insuffisance rénale chronique et un nourrisson de huit jours, font monter le bilan à quatre morts liés au chikungunya à Tahiti, en cinq semaines à peine d’épidémie sur une estimation d’environ 11 200 cas suspects.

Aedes aegypti et Aedes polysiensis

En Polynésie française, les vecteurs du virus du chikungunya sont Aedes aegypti et Aedes polynesiensis, qui sont tous deux différents du moustique tigre (aussi appelé Aedes Albopictus ) présent en France Métropolitaine. Ces moustiques, tout comme le moustique tigre, sont diurnes, et piquent depuis l’aube jusqu’au crépuscule, voire même 1 heure ou deux après le coucher du soleil, et on observe un pic d’agressivité à l’aube et au crépuscule.
On estime que chaque moustique, durant ses 3 semaines d’existence, pique entre 5 et 10 personnes, et peut donc transmettre le virus à autant de personnes. Il est à noter par ailleurs que ces moustiques sont assez casaniers et bougent peu. L’épidémie se déplace donc entre les quartiers ou les différentes îles au rythme des déplacements des personnes infectées. Ce sont elles qui répandent le virus; il est donc fortement recommandé que les personnes souffrantes évitent les déplacements.

[Sources : Polynésie 1ère et Tahiti infos]

Antilles: un décès à Saint-Martin « indirectement lié » au chikungunya

Le premier décès "indirectement lié au chikungunya" à eu lieu aux antilles à Saint-Martin, dans le cadre de l’épidémie de chikungunya.
C’est sur cette île des Antilles que le foyer de l’épidémie avait été confirmé début décembre 2013. Si l’on précise que ce décès est "indirectement lié" au chikungunya, c’est en particulier du fait que ce patient présentait des comorbidités existantes. Il était hospitalisé pour une forme sévère de la maladie

L’ARS (Agence régionale de santé) et la préfecture ont précisé que ce décès concernait un "homme de 81 ans qui présentait d’autres pathologies". Une autre personne était hospitalisée à Saint-Martin pour une forme sévère de la maladie.

A Saint Martin, l’épidémie continue de progresser, avec près de 500 cas suspects recensés par les médecins généralistes et près de 300 confirmés ou jugés probables après analyses par le Centre national de référence (CNR) des arbovirus de Marseille.

Sur l’île de Saint-Barthelémy, l’épidémie sévit également fortement, avec 81 cas suspects recensés et 31 cas confirmés ou jugés probables.

En Guadeloupe et en Martinique, il ne s’agirait pour l’instant que de chaînes de transmissions locales du virus et non d’une épidémie avérée, mais cet état de fait pourrait évoluer en Martinique car les épidémiologistes constatent une "intensification de la circulation du virus". Sur les 340 cas suspects de chikungunya en Martinique au 16 janvier, 127 sont confirmés ou jugés probables, et les deux tiers l’ont été lors de la seule deuxième semaine. Douze communes de l’île sont actuellement impactées.

[source : le parisien]

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