Appel à témoins – En une demi heure, j’ai été piquée 20 fois !

Un cauchemar dans le Lot-et-Garonne

De nombreux Lot-et-Garonnais one envoyé des témoignages alarmants cet été. Tous assurent vivent un « cauchemar », voire un « enfer ».

Cet été 2017, les soirées sur les terrasses ou en bord de jardin ont été cauchemardesques dans le sud-ouest, de l’aveu même de nombreux internautes qui ont contacté le journal Sud Ouest à la suite d’un appel à témoin.

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L’ensemble du Lot-et-Garonne concerné

Tout le Lot-et-Garonne est concerné. Observé pour la première fois en 2012, le moustique tigre a depuis colonisé l’ensemble du territoire. Les messages arrivent de partout : de l’Agenais bien sûr – et particulièrement à Foulayronnes -, de Tonneins, du Villeneuvois mais aussi dans le Marmandais. personne ne sait comment s’y prendre : « On a beau mettre insecticide ou d’autres produits, on remarque qu’ils restent insensibles. Impossible d’ouvrir les baies vitrées ou de dormir avec les fenêtres ouvertes. Je me ruine en produits vendus en pharmacie, et rien n’y fait. C’est un fléau ! ».
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Un habitant de Seyche témoigne
« Nous ne pouvons plus sortir de chez nous sans être piqué. On ne peut même plus aérer nos maisons. Nous vivons un enfer ! »

A Estillac, les habitants n’en peuvent plus. Une femme témoigne : « Impossible de manger, de jouer dehors ou de profiter de nos piscines malgré les produits. L’été arrive à sa fin et nous l’aurons passé enfermé dans nos maisons. C’est de pire en pire chaque année… et cela influe sur notre moral. »
« La moindre piqûre est un calvaire »

Ce qui revient le plus fréquemment dans les témoignages reçus, c’est la voracité de ces insectes. « Hier, en l’espace de 30 minutes au jardin, et malgré les sprays sur tout le corps, ma fille est revenue avec une dizaine de piqûres ». Même constat ici : « Ras le bol ! Ce midi, j’ai étendu mon linge et je suis ressortie avec 12 piqûres ». Il existe aussi des cas plus graves. Exemple avec une personne devenue allergique : « La moindre piqûre est un calvaire, j’ai un traitement durant trois mois et des crèmes à base de cortisone pour surmonter la douleur. Une simple piqûre devient énorme, gonfle et s’étale en quelques secondes ! »

Ces attaques – et les démangeaisons qui s’en suivent – posent une autre question… que ne manquent pas de relever les internautes. Ainsi Marie-Laure Cuzzini, habituée du problème pour avoir vécu en Guyane, ne décolère pas :

« Que fait l’Etat pour protéger sa population ? On attend qu’il y ait des cas de dengue, de zika ou de palu qui se multiplient pour qu’on réagisse ? »

Un autre habitant propose son explication : « Les campagnes de démoustication ne sont autorisés que pendant la nuit, mais le moustique tigre a surtout une activité diurne (du lever au coucher du soleil. Qui plus est, l’insecte a une capacité à résister, au fil du temps, aux insecticides. Si les communes réalisent une campagne de démoustication à grande échelle chaque année, alors les matières actives deviendront de moins en moins efficaces contre le nuisible ».
[NDLR : les campagnes de démoustications sont censées prendre en compte cette caractéristique, et donc viser les lieux où le moustique tigre se réfugie pendant la nuit, à savoir les haies, buissons, ou petits recoins à l’abri du vent et de la fraîcheur]

« Je retire l’eau stagnante mais rien n’y fait »

Les campagnes de sensibilisation qui ont lieu chaque année dans le département invitent à éviter de laisser traîner toute réserve d’eau. Seau, bassine, piscine mal entretenue et même la moindre flaque fera le bonheur du moustique tigre. Dans un article publié sur notre site Internet, on apprenait ainsi que le nuisible peut pondre jusqu’à 2000 œufs dans un réceptacle de 5 cm de côté et de 2 cm de hauteur.

Pourtant les internautes jurent vider tout ce qui est possible de vider dans un jardin. Une habitante d’Estillac le confirme : « Nous avons suivi toutes les recommandations : taille des arbres, éviter les eaux stagnantes… rien n’y fait ! » Dimitri Deshayes, vit à Foulayronnes, s’en étonne également : « Je n’ai pas de plan d’eau, ni d’eau stagnante à proximité et nous sommes pourtant envahis par ce moustique très vorace ! Que cela soit le soir, le midi ou le matin, dès que nous sommes dehors, on se fait attaquer même en utilisant des répulsifs. J’ai un chat qui se fait également attaqué, il est couvert de petites piqûres et de croûtes. »

« J’utilise une combinaison de travail pour aller au potager »

Pour se protéger, chacun a sa solution. Certains déploient les grands moyens, comme par exemple de ce jeune couple originaire de Pont-du-Casse. « Depuis le mois d’avril, nous ne pouvons absolument plus jardiner notre potager, manger dehors, étendre le linge dehors, être sur notre terrasse, être dehors, vivre dehors. Mon conjoint est resté 10 minutes dans le potager avec des répulsifs sur lui et ses vêtements et nous avons comptabilisé 42 piqûres. Maintenant, il utilise une combinaison de travail en tissu pour se rendre dans notre potager. » Et de conclure :

« Nous avons essayé de traiter deux fois autour de notre maison (pulvérisation de deltamethrine sur nos façades, sols, haies, contour parcelle du terrain, massifs de cailloux) et avons constaté une légère amélioration… qui n’a duré que trois jours. »

D’autres internautes se tournent vers les produits proposés par les grandes surfaces et les pharmacies. Là encore, les avis sont majoritairement négatifs. Une Villeneuvoise indique : « Malgré l’achat de bombes de toutes sortes et de remèdes naturels, rien n’y fait. C’est tout simplement un cauchemar ».

Un cauchemar auquel il faudra s’habituer. A ce jour, en effet, il n’existerait aucune solution d’envergure pour éradiquer la présence du moustique tigre. « Le moustique tigre s’est adapté au XXIe siècle. Les autres moustiques se développent dans des zones marécageuses où la fumigation a un double intérêt puisqu’elle détruit les adultes, mais également les œufs et les larves au moyen de larvicides. Le moustique tigre, lui, grâce à sa stratégie opérationnelle et sa plasticité se reproduit dans l’habitat urbain », prévient Florence Chemin, responsable pour le compte de l’Agence régionale de santé (ARS).

[source : sudouest.fr]

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