Moustique tigre : 53 cas de dengue recensés en PACA depuis le 1er mai

Si le mois d’août touche bientôt à sa fin, les moustiques, eux, ne sont pas prêts à partir. « Nous ne sommes qu’au milieu de la période de prolifération. Il reste encore quelques mois avant d’en avoir fini », rappelle Samer Aboukais, médecin gestionnaire des alertes en veille sanitaire à l’Agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d’Azur (ARS Paca).

Le 26 juin dernier, 17 cas de dengue avaient déjà été recensés en PACA. Deux mois plus tard, ce sont plus de 50 personnes qui ont contracté cette maladie dans la région. « Depuis le 1er mai, nous avons enregistré 53 cas confirmés de dengue en Paca. 28 sont recensés dans les Bouches-du-Rhône, 1 dans les Alpes-de-Haute-Provence, 2 dans le Vaucluse, 8 dans le Var et 14 dans les Alpes-Maritimes », précise-t-il.

dengue france

Deux cas de chikungunya dans les Bouches-du-Rhône

Importée des pays d’Asie comme la Thaïlande ou de l’île de la Réunion, la dengue est une maladie qui provoque des fièvres brutales, ainsi que des douleurs lombaires et musculaires. Dans les cas plus graves, elle peut provoquer des complications sévères, comme des méningites ou des encéphalites. « Cela n’arrive que dans 1% des cas. Heureusement aujourd’hui, sa seule présence n’entraîne pas nécessairement l’apparition de maladie, car il faut qu’un moustique tigre « sain » pique une personne contaminée lors d’un séjour hors de France métropolitaine. L’insecte, qui vit environ un mois, devient alors porteur du virus et peut le transmettre à une personne saine n’ayant pas séjourné hors du territoire. Ce qui crée un cas autochtone ».

En plus de ces 53 cas, deux cas de chikungunya ont été recensés dans les Bouches-du-Rhône. Si en apparence, ces chiffres peuvent alerter, la région est très loin d’être dans une situation critique. « L’an dernier, nous avons recensé plus de 400 cas. Pour le moment, il n’y a pas de cas autochtone donc c’est positif », rassure-t-il.

L’an dernier, la commune de Saint-Laurent-du-Var avait en revanche déclaré plusieurs cas autochtones (maladie contractée suite à une piqure d’insecte et non contractée lors d’un voyage à l’étranger) à la fin du mois d’octobre. « Nous sommes dans une période de retour de vacances, il y a donc plus de chance de voir des cas signalés. De plus, les conditions météo plus humides vont faciliter la prolifération de l’animal. Il faut donc rester vigilant », prévient-il.

En cas d’infection avérée par la dengue ou le chikungunya, une déclaration doit être faite auprès de l’ARS. Après cette déclaration, une surveillance (ou une démoustication) est faite aux alentours du domicile, du lieu de travail et des lieux que la personne infectée a fréquentés. L’objectif de cette opération est d’éradiquer le ou les moustiques tigres porteurs du virus. En région Provence-Alpes-Côte d’Azur, c’est l’Entente interdépartementale pour la démoustication du littoral méditerranéen (EID) qui est dépêchée sur les lieux pour agir.

« Lorsque l’ARS est prévenue qu’un cas de dengue, de zika ou de chikungunya est détecté en France, ils retracent les points de passage de la personne touchée, afin de s’assurer qu’il n’y a pas de moustiques dans la zone », détaille Grégory L’Ambert, entomologiste à l’EID Méditerranée. Comme le moustique tigre est incapable de couvrir de longues distances, l’EID va vérifier qu’aucun moustique n’a été infecté par le porteur.

« Ce sont des lieux très localisés qui sont visés. On va donc vérifier qu’il n’y a pas de moustique tigre sur les lieux de passage du patient zéro. Pour cela, on va passer sur un rayon de 150 m des pyréthrinoïdes afin de tuer les potentiels moustiques infectés pour endiguer la propagation du virus ». Depuis le 1er mai, l’EID s’est déplacée 40 fois sur le territoire pour procéder à des surveillances.

Qu’il s’agisse des gouttières, des coupelles sous les pots de fleurs, des vases ou des jouets pour enfant, tout récipient où l’eau peut stagner est propice à la prolifération des moustiques tigres. Aujourd’hui, personne n’a réussi à éradiquer cette espèce, car personne ne fait assez attention à ces petits gestes du quotidien. En Asie du Sud-Est, des études ont prouvé que les moustiques trouvaient refuge à l’intérieur de plantes qui contenaient quelques millimètres d’eau. Autant dire que les eaux stagnantes provoquées par les pluies font office de paradis pour la prolifération du vampire ailé

Premier cas autochtone de dengue dans le var

L’Agence régionale de santé (ARS) Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca) et la préfecture du Var ont confirmé ce jeudi 21 août 2014 le premier cas autochtone de dengue dans le département du Var.
L’ARS a par ailleurs précisé qu’«il s’agit pour l’instant d’un cas unique et géographiquement isolé. La personne contaminée a consulté un médecin traitant et son état n’inspire aucune inquiétude».
A noter qu’on parle de cas autochtone quand une personne a contracté la maladie sur le territoire national et n’a pas voyagé dans une zone où circule le virus dans les 15 jours précédents.
La dengue, comme le chikungunya, est une maladie due à un virus qui se transmet d’homme à homme uniquement par l’intermédiaire d’une piqûre du moustique tigre (Aedes Albopictus ). Il pique principalement le matin et en fin de journée.

Le département a donc été officiellement placé en niveau 2 du plan national anti-dissémination du chikungunya et de la dengue (voir les différents niveaux d’alerte moustique tigre. Des actions de démoustication sont en cours autour de la zone de résidence de la personne contaminée.

Pour rappel, deux cas de transmission autochtone de dengue avaient déjà été recensés à Nice (dans les Alpes-Maritimes) en 2010 et également deux cas de transmission autochtone de chikungunya à Fréjus (dans le Var).

Pour limiter les risques de propagation du virus, il est essentiel de se protéger au quotidien contre les piqures de ce moustique. Consultez les dossiers dédiés :

[source : leParisien.fr]
[compléments : < a href= »http://moustique-tigre.info »>moustique-tigre.info]

Arrivée de la dengue en région PACA ?

Le réseau Euro surveillance a indiqué le 12 décembre dernier qu’un cas de dengue autochtone avait été diagnostiqué chez une jeune femme. La victime, âgée d’une cinquantaine d’années n’avait pas voyagé avant de présenter les symptômes. Il s’agirait donc bien là d’un cas de dengue autochtone (3è depuis 2010 en France métropolitaine). En effet, le moustique tigre (aedes albopictus), est un des vecteurs de la maladie, et est présent en France et en particulier dans la région PACA depuis 2004.

Voir la vidéo de Philippe Parola, spécialiste des épidémies et professeur à la faculté de médecine de Marseille. Il n’exclut pas l’apparition de nouveaux cas de dengue et de chikungunya dans la région.

une épidémie de dengue pourrait donc arriver en France. Pour celà, il faudrait réunir a minima les conditions suivantes : qu’une personne revienne infectée avec ce virus depuis un autre pays, que cette personne se fasse piquer par un moustique tigre en France métropolitaine, pendant sa période d’activité (mai-octobre), et que ce moustique pique d’autres personnes. Si ces autres personnes se font à leur tour piquer, c’est là que l’épidémie peut commencer. En revanche, chaque médecin doit déclarer tout cas suspecte de dengue. Le cas échéant, l’ARS peut déclencher une opération de « nettoyage », qui vise à éliminer tous les moustiques tigres présents dans un rayon plus ou moins large autour des sites que la personne a visités.

[source : outre-mer 1ère]
[Compléments : moustique-tigre.info]

rédigé par le .