Des moustiques tigres génétiquement modifiés en France ?

« C’est l’animal le plus dangereux pour l’humanité », prévient Pascal Boireau, vice-président du conseil scientifique du Haut Conseil des biotechnologies (HCB). Les maladies virales ou parasitaires (dengue, paludisme, fièvre jaune, zika, chikungunya, etc.) transmises par les moustiques sont en effet responsables de près d’un million de décès chaque année dans le monde.

« La France est très concernée en outre-mer mais aussi en métropole avec le développement du moustique tigre lié au réchauffement climatique », explique Christine Noiville, présidente du HCB. C’est la raison pour laquelle Ségolène Royal avait saisi cette instance en octobre 2015 afin de l’éclairer sur les avantages et inconvénients liés à l’utilisation de moustiques génétiquement modifiés pour lutter contre ces maladies.

Le Haut comité créé en 2008 suite au Grenelle de l’environnement a rendu son verdict mercredi 7 juin sous la forme d’un avis émis par son comité scientifique (CS) et d’une recommandation de son comité éthique, économique et social (CEES). Conclusions ? « Bâtir une stratégie de lutte anti-vectorielle sur les seuls moustiques génétiquement modifiés serait inapproprié. Mais s’interdire de les utiliser n’est pas souhaitable non plus », résume Christine Noiville à l’attention du gouvernement.

Le Haut Conseil des biotechnologies n’exclut donc pas le recours à des moustiques génétiquement modifiés
Le recours à des moustiques génétiquement modifiés ne doit pas être négligé pour lutter contre les moustiques vecteurs de maladies. Mais parmi d’autres solutions et après évaluation, affirme le HCB.

Nouvelles techniques basées sur des moustiques modifiés

Les vaccins sont en effet rares et les traitements peu efficaces contre les maladies transmises par les moustiques. La lutte antivectorielle, consistant à s’attaquer aux moustiques vecteurs, est donc essentielle. Plusieurs techniques de lutte sont possibles, dont des techniques classiques de type chimique, biologique, physique ou environnemental.

« La destruction des larves et des adultes s’appuie notamment sur des substances chimiques insecticides », affirmait Ségolène Royal dans sa lettre de saisine. Or, les molécules insecticides de synthèse sont sous le coup d’importantes restrictions d’utilisation, comme le malathion dont l’usage a cessé en Guyane suite à son classement comme cancérogène probable par le Centre international de recherche sur le cancer en mars 2015. Les moustiques développent par ailleurs une résistance aux insecticides. Ce qui pousse les autorités à se tourner vers d’autres stratégies de lutte.

Or, de nouvelles techniques basées sur des lâchers de moustiques modifiés ont émergé depuis quelques années. Les moustiques peuvent être modifiés génétiquement, comme ceux développés par la société britannique Oxitec qui a procédé à des essais au Brésil, au Panama, aux îles Caïman et en Malaisie. Mais des techniques ne faisant pas appel à une modification génétique existent aussi, telles qu’une irradiation rendant les moustiques stériles ou une transinfection par la bactérie Wolbachia qui présente des propriétés exploitables en lutte anti-vectorielle.

En complément d’autres techniques classiques

« Le recours à des moustiques modifiés apparaît être une stratégie à ne pas négliger », conclut le HCB. Les 3 techniques qui y font appel « pourraient être testées, de manière précautionneuse et étape par étape (…), selon les vecteurs considérés, en combinaison avec les techniques classiques actuellement utilisées dans le cadre d’une gestion intégrée », conclut le comité scientifique. Ce dernier met en avant l’avantage lié à une baisse de l’utilisation des insecticides qui seraient alors réservée aux cas d’urgence sanitaire.

L’efficacité de ces techniques n’est en revanche pas encore prouvée. « Une réduction de la population de moustiques est constatée, mais l’impact sur les épidémies reste à vérifier », prévient Christine Noiville. Dans son courrier de saisine, Ségolène Royal rappelait que le gouvernement de Malaisie avait abandonné l’idée de recourir aux moustiques génétiquement modifiés, jugée « peu efficace et trop coûteuse ».

« Ces solutions sont promues par les acteurs de la recherche, les start-up, les fondations, qui ne sont pas prêtes à s’insérer dans les dispositifs de lutte anti-vectorielle classiques », analyse également Claude Gilbert, président du comité économique, éthique et social, qui rappelle que les techniques classiques ont produit des résultats remarquables, notamment contre la paludisme.

Une évaluation extrêmement approfondie est nécessaire

Dans tous les cas, « l’utilisation de moustiques modifiés nécessitera une évaluation extrêmement approfondie et une information du public », ajoute Christine Noiville. Sur le premier point, le HCB affirme que les impacts environnementaux et sanitaires devraient être évalués préalablement aux lâchers, notamment en termes de modification de niches écologiques ou de remplacement de vecteurs. « Le recours à ces êtres vivants modifiés est (…) loin d’être anodin », juge en effet le comité économique, éthique et social.

« La perception des populations, les bouleversements des manières de vivre et de penser la relation au milieu vivant, etc., nécessitent d’associer la société civile aux processus de décision et de suivi, en tenant compte des perceptions culturelles propres à chaque territoire », avertit le HCB concernant l’information du public.

D’autres questions restent encore sans réponse. C’est le cas de la partie réglementaire. Jugé globalement adapté, des questions persistent toujours sur les techniques de forçage génétique, encore au stade de la recherche, ou la modification par Wolbachia dont la qualification OGM reste incertaine. « Sur ce dernier point, la Commission européenne n’a pas su répondre », révèle Christine Noiville.

[source : actu-environnement.com]

Pas de moustique tigre dans les ouvrages de gestion alternative de l’eau de pluie

Le moustique tigre n’est pas retrouvé dans les ouvrages de gestion alternative de l’eau de pluie

Une campagne de suivi des moustiques tigre a été initiée par Observatoire de terrain en hydrologie urbaine, dans des ouvrages de gestion alternative de l’eau de pluie comme les bassins de rétention et/ou d’infiltration. Précisions de Laëtitia Bacot, secrétaire générale de l’Observatoire.

La conclusion de Laëtitia Bacot, Secrétaire générale de l’Othu et chargée d’animation régionale pour le Graie est a priori rassurante : “ Le moustique tigre n’est pas retrouvé dans les ouvrages de gestion alternative de l’eau de pluie ”

Pourquoi avoir initié cette surveillance spécifique ?

Laëtitia Bacot : Plusieurs collectivités ainsi que le service exploitation du Grand Lyon, nous ont signalé qu’ils recevaient beaucoup de plaintes de particuliers habitant près d’ouvrages de ce type. Ils craignaient que ces lieux soient propices au développement spécifique du moustique. A Grenoble, en outre, certains aménagements avec ces techniques alternatives ont été ralentis par crainte de ce risque. Nous avons aussi été sollicités par le CGEDD sur cette problématique.

Un de nos objectifs au sein de l’Othu est d’acquérir de nouvelles connaissances en matière de gestion des eaux pluviales notamment pour l’aide à la décision des collectivités. Nous avons donc initié ce suivi de concert avec le Grand Lyon et constitué un groupe de travail élargi avec l’Agence régionale de santé (ARS) Auvergne Rhône-Alpes, l’Entente interdépartementale de démoustication (EID) Rhône-Alpes et le Centre national d’expertise sur les vecteurs (CNEV).

Quels sont les ouvrages que vous avez sélectionnés et quelle approche avez-vous suivi ?

Une analyse de la bibliographie a été menée avant de lancer les premières campagnes. Il a été constaté que des suivis sur une période longue, sur plusieurs ouvrages n’existaient pas dans la littérature même à l’international. Le CNEV et EID nous ont donc orientés pour notre sélection vers les ouvrages les plus exposés. une quinzaine de bassins de rétention et/ou d’infiltration et deux toitures végétalisées ont été échantillonnés une fois par mois de mai à novembre 2016. Notre échantillon comprend treize bassins à l’air libre et deux enterrés. Nous avons choisi des sites que nous suivions depuis longtemps au sein de l’Othu. Notre panel présente également des ouvrages en zone urbaine et péri-urbaine plus ou moins dense. Nous avons également essayé d’échantillonner des noues et des tranchées … Mais nous n’avons pas pu échantillonner de larves sur ces ouvrages du fait de la non présence d’eau libre dans ces ouvrages.

Quels sont les résultats que vous avez obtenus ?

Les résultats sont rassurants : le moustique tigre – Aedes albopictus – n’a pas été retrouvé sur ces sites. Nous avons pu démontrer qu’il se développait dans des zones où il y avait une présence d’eau stagnante supérieure à un centimètre pendant cinq jours. Hormis les moustiques tigre, nous avons collecté quatre espèces de moustiques fréquemment rencontrées en zone urbaine : le moustique commun (Culex pipiens), Anopheles maculipennis et deux espèces qui ne piquent pas les mammifères (Culex hortensis hortensis et Culiseta longiareolata).

Comment expliquer cette différence de présence entre les moustiques tigre et les quatre autres espèces ?

Le moustique tigre est celui qui a le développement le plus rapide parmi les espèces retrouvées. Ces dernières montrent également une grande variabilité interspécifique pour le choix des habitats de ponte et de développement larvaire. Certaines espèces ont ainsi des préférences marquées pour certains habitats. Par exemple, les larves de Cx. hortensis hortensis sont majoritairement trouvées dans les habitats à berges et fonds bétonnés, tels que les bacs de décantation. Le moustique tigre préfère largement les très petites réserves d’eaux stagnantes – comme les soucoupes sous les plantes -. Les zones de plus grande ampleur comme les bacs de décantation sont donc peu propices.

Des moustiques tigre auraient été retrouvés dans des avaloirs d’eau de pluie dans votre étude ?

Nous devons encore confirmer ces données. Dès que les données sont fiabilisées, nous les porterons à connaissance et publierons ces résultats. Une rétention d’eau stagnante supérieure à cinq jours peut constituer un potentiel foyer de développement pour les moustiques. Ainsi, certains avaloirs avec lame d’eau permanente pourraient peut-être être des lieux de développement de moustiques.

Le CNEV a par ailleurs mené une étude sur le bâti et la présence de moustiques. Il a constaté que l’une des zones importantes de développement est les coffrets électriques enterrés, étanches et jamais ouverts.

Quelle sera la suite de ce projet ?

Cet été, nous allons rédiger une synthèse à l’attention des opérationnels. Dans un second temps, nous souhaitons acquérir des chroniques sur le long terme et relancer de nouvelles campagnes. Nous pourrions échantillonner davantage de toitures végétalisées – même si nous n’avons pas retrouvé de moustique tigre dans ces ouvrages.

Nous allons par ailleurs nous synchroniser avec le groupe de travail pluvial du Graie sur les préconisations constructives pour limiter le développement des moustiques en général. Par exemple, réduire ou construire différemment les bacs de décantation des bassins.

[source : actu-Environnement.com

Le moustique tigre plus discret cette année sur la Côte d’Azur

Probablement du fait du manque de pluie en ce début de saison estivale, le moustique tigre semble moins présent sur la Côte d’Azur cette année que les années précédentes.

operation demoustication gites larvaires cannes

Des opération préventives maintenues

Malgré tout, les service de démoustication s’activent, notamment à Cannes : ils s’attaquent aux vallons ombragés et aux bouches d’évacuation des eaux pluviales, pistolets en main. Depuis quelques jours à Cannes, des agents aux allures de ghostbusters traquent les moustiques tigres. Ou plutôt leurs larves.
« Nous pulvérisons un produit biologique pour empêcher leur développement », explique Michaël Balviso, directeur de Provalp 3D, la société mandatée par la cité des festivals. Comme d’autres villes, Cannes va mener ses campagnes de démoustication jusqu’à l’automne pour faire reculer le nuisible. Ce satané Aedes albopictus qui serait pourtant moins présent cette année.

« Nous constatons peu de nuisances. Les moustiques sont en retard, confirme Bernard Cadiou, le responsable de l’agence de l’Entente interdépartementale de démoustication [EID] pour les Alpes-Maritimes et le Var. Il n’a pas beaucoup plu depuis le début de l’année et le stock d’œufs [qui ont besoin d’eaux stagnantes] est moins important. »
« Nous devrions quand même être moins gênés que l’an dernier »

Montée en puissance à venir

Le spécialiste prévoit tout de même une montée en puissance des piqûres à partir de la semaine prochaine, avec l’arrivée des grosses chaleurs. « Mais, nous devrions quand même être moins gênés que l’an dernier », pronostique-t-il.

Sur le plan de la santé, « il n’y a pas d’inquiétude notable sur la santé car il n’y a pas d’épidémies importantes en ce moment dans le monde », note aussi Bernard Cadiou. Le « tigre » peut être vecteur de la dengue, du chikungunya et du virus Zika.

D’autres témoignages semblent concordants, notamment à Valbonne. Un sophipolitain témoigne : « C’est la première fois depuis 2010 que nous pouvons dîner tranquille le soir. Habituellement c’est la chasse permanente, mais cette année j’en juste tue un de temps en temps, et le reste du temps je suis tranquille ».

Tant qu’il ne pleuvra pas, la population devrait néanmoins rester stable. Profitez donc !

[source : 20 minutes et compléments moustique-tigre.info

Le Conseil territorial de Santé s’installe dans le Var

La séance d’installation du conseil territorial de santé (CTS) du Var a eu lieu le 22 mars dernier à l’hôpital Léon Bérard, à Hyères.
Il s’agit du premier CTS installé en région Paca. Ce conseil remplace les conférences de territoire. Cette nouvelle instance se veut un nouvel outil pour le territoire, en renforçant la participation des différents acteurs.

Election du conseil

Les membres du conseil territorial ont échangé sur les principales missions de cette instance et sur le projet régional de santé à venir, qui pilotera la politique régionale.

Ils ont ensuite procédé à l’élection :
> de la présidente du CTS : Mme Caroline Depallens (conseiller départemental du Var) ;
> de la vice-présidente : le docteur Laurence Pallier (directrice du Codes 83) ;
> du représentant du CTS désigné pour siéger à la conférence régionale de la santé et de l’autonomie (CRSA) : M. Bernard Malaterre (directeur de l’hôpital Léon Bérard d’Hyères).

Qu’est-ce que le conseil territorial de Santé ?

Les conseils territoriaux de santé remplacent les conférences de territoire et sont composés d’une cinquantaine de membres qui représentent les professionnels et offreurs des services de santé, les usagers, les collectivités territoriales, les représentants de l’État et des organismes de sécurité sociale ainsi que des personnalités qualifiées.

Les rôles principaux des conseils territoriaux de santé :

  • contribue à l’élaboration, la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation du projet régional de santé
  • participe à l’élaboration du diagnostic territorial partagé

Ce conseil sera par ailleurs informé des créations de plateformes territoriales d’appui à la coordination des parcours de santé, ainsi que de la signature des contrats territoriaux et locaux de santé.

[source : ARS PACA]

Les différents types de moustiques

C’est le zoom du mois. Petit focus sur 5 moustiques différents qui vont encore faire parler d’eux cette année.

Le monde compte pas moins de 3500 espèces de moustiques, dont 105 en Europe et 67 espèces de moustiques en France. Sur toutes les espèces françaises, une quinzaine seulement pique l’homme. Outre la gène occasionnée par ces piqures (notamment grattements et cicatrices), certaines piqures de moustiques peuvent occasionner des allergies, voire transmettre des maladies, comme le paludisme, la dengue, fièvre jaune ou encore le chikungunya. L’on pourrait croire que ces maladies sont cantonnées aux zones tropicales, mais il n’en est rien. Des cas de dengue et de chikungunya sont recensés en France métropolitaine chaque année, et des cas de paludisme ont été détectés en Grèce en 2009 !

Tous les moustiques ne sont pas à mettre à la même enseigne. Voici quelques informations pour vous permettre de vous y repérer.

Les moustiques des campagnes.

Les Anophèles se trouvent principalement en Camargue. Elles pondent leurs œufs sur l’eau dans les milieux naturels aquatiques stagnants, comme par exemple les rizières ou les roseraies.
Ces moustiques peuvent transmettre le paludisme, mais il a été éradiqué en métropole dans les années cinquante.
Il n’y a pas de lutte active contre cette espèce, mais elle est néanmoins très surveillée, du fait du risque de paludisme.

Les moustiques des maisons

Culeix Pipiens est le plus connu des moustiques. Il entre dans les maisons, vole autour des oreilles et pique toute la nuit. Il vit très largement dans les agglomérations. Il pond sur de l’eau stagnante, dans les fossés, les mares, fosses sceptiques ou bassins.
Ce moustique peut transmettre le virus du Nil occidental, qui peut se manifester par une fièvre brutale, des douleurs musculaires et des maux de tête. Les complications neurologiques de la maladie sont mortelles dans 15% des cas.

Mosquito (Culex pipiens) female

Les moustiques des marais salés

Aedes Caspius et Aedes Detritus vivent à proximité de zones humides salées (marais salants, rizières, étangs salés…). Ils pondent leurs oeufs au sec ou sur la vase, et ces œufs éclosent lorsque la zone est inondée. Ils peuvent parcourir de 15 à 40km, et sont actifs toute la journée, essentiellement à l’extérieur.
Leur capacité à transmettre des virus est relativement faible.
La lutte contre ces insectes consiste simplement à améliorer le confort des riverains, via l’utilisation de larvicides biologiques notamment.

Aedes Caspius

Le moustique des villes

Aedes Albopictus, encore appelé moustique tigre, est le moustique des villes par excellence. Il est très casanier et ne se déplace au maximum de 150 mètres. Facilement reconnaissable à son abdomen rayé noir et blanc, il est actif toute la journée.
Ce moustique est vecteur potentiel de la dengue et du chikungunya, mais également du virus du Nil occidental et de l’encéphalite de Saint Louis.
Les moyens de lutte sont principalement la destruction des gîtes larvaires, sauf lorsque des cas de dengue ou de chikungunya sont détectés. Dans ce cas, un traitement insecticide est effectué autour des lieux de vie par les services compétents afin d’éviter tout risque de propagation de la maladie.

Aedes Albopictus

Les moustiques d’eau douce

Les moustiques du genre Aedes sont plus ruraux que les autres et présents sur tout le territoire. Les femelles pondent leurs œufs au sec, et ils éclosent à la première inondation.
Ils peuvent potentiellement transmettre le virus du Nil Occidental ou le Tahyna, mais ce risque est très faible.
Pour lutter contre ce moustique, on peut étendre du larvicide biologique sur les gîtes de ponte.

Vous retrouvez au fil de nos pages des moyens pour lutter principalement contre le moustique tigre, même si ces moyens sont généralement applicables aux autres espèces de moustiques.

[Source : Science et Vie]

Un cas de zika identifié à Schiltigheim près de Strasbourg

Un cas de contamination au virus zika a été détecté le 30 septembre dernier à Schiltigheim, près de Strasbourg en Alsace.

Le communiqué du département indique que la personne contaminée vit au cœur du quartier des Malteries, déjà colonisé par le moustique tigre.

Dans un premier temps, les voisins des lieux fréquentés par le malade (dans un périmètre de 100 à 150 m environ) ont bénéficié d’une information en porte à porte par le syndicat de lutte contre les moustiques du Bas-Rhin. Lors de cette rencontre, une destruction des gîtes larvaires a été réalisée (suppression des eaux stagnantes…). Une opération de démoustication a ensuite eu lieu mardi 4 octobre très tôt le matin.

En dehors de ce périmètre, « il n’y a aucune mesure particulière à prendre, si ce n’est de supprimer les eaux stagnantes pour ne pas favoriser la pullulation du moustique tigre », précise communiqué. Depuis 2015, le Bas-Rhin fait partie des 30 départements français colonisés par le moustique tigre. Le plan de lutte comprend une surveillance particulière des communes colonisées : Schiltigheim, Bischheim et Strasbourg-Neudorf.


Un cas de virus zika à Schiltigheim
Reportage France 3 Alsace de C.POURE-M.MARTIN-J.BAUDART

La personne contaminée est actuellement en phase de « virémie », i.e. elle est en train de développer la maladie et est sous haute surveillance.

[sources : France TV Info et France Bleue]

Démoustication : les épandages d’insecticide déséquilibrent les écosystèmes

Démoustication : les épandages d’insecticide déséquilibrent les écosystèmes

Le Bti est le seul insecticide utilisé lors des épandages aériens en milieu naturel, considéré comme très sélectif et inoffensif pour le reste de la biodiversité. Or, des études ont prouvé le contraire. Reportage dans l’empire des moustiques, en Camargue.


Reportage vidéo de Baptiste Clarke

Le Bti (Bacillus thuringiensis israelensis), un bio-insecticide, a été utilisé pour la première fois en 2006 par l’Entente interdépartementale pour la démoustication (EID) en Camargue. En parallèle, des scientifiques ont évalué les impacts de cet insecticide sur la biodiversité. Ce suivi a été effectué par plusieurs équipes de recherche et piloté par la Tour du Valat, centre de recherche pour la conservation des zones humides méditerranéennes.

Des résultats sans appel :

Les résultats sont sans appel selon Jean Jalbert, directeur général de la Tour du Valat : « Les moustiques sont ciblés, certes, mais aussi un petit cousin du moustique qui n’est pas piqueur. Ces chironomes étant affectés, leurs prédateurs et ensuite toute la chaine alimentaire l’est également : araignées, libellules, oiseaux… »

Mais le pire reste à venir. Selon la Tour de Valat, le Bti se multiplie. Bactérie à l’origine, elle est normalement inerte lorsqu’elle est mise dans le milieu naturel. Mais ses spores, formes de résistance, semblent se développer et multiplier cette bactérie une fois dans le sédiment. L’impact du Bti sur le moustique une fois qu’il est dans le sédiment est nul. En revanche, si ce Bti se multiplie, son impact sur les chironomes risque d’être encore plus important et rémanent dans le temps.

Aujourd’hui, les études menées depuis 2006 montrent que dans certains milieux traités au Bti, l’abondance des chironomes baisse de 30% à 80% comparativement au même milieu non traité. « On s’est aperçu que les libellules diminuaient de moitié… Pour les hirondelles, la nourriture accessible pour les jeunes est de moins bonne qualité parce que les chironomes ne sont pas là. Ils sont nourris avec d’autres espèces moins nutritives. Conséquence, leur mortalité augmente d’un tiers », détaille Jean Jalbert.

Le moustique tigre peu présent dans ces milieux naturels

La démoustication des zones naturelles a pour objectif de limiter la nuisance des moustiques qui peuvent parcourir des dizaines de kilomètres pour atteindre les centres urbains, des nuisances pour les habitants et aussi pour les touristes.

Toutefois, il ne s’agit pas vraiment de santé publique. Le moustique tigre, vecteur du Chikungunya, de la dengue ou encore du virus Zika, ne se développe pas dans ces zones humides. Il prolifère en milieu urbain, principalement dans les jardins, c’est pourquoi leur éradication est particulièrement difficile.

L’expérimentation du Sambuc : les pièges à CO2

Partant du constat que le moustique tigre ne se développe pas dans les zones humides, pourquoi alors ne pas laisser vivre les autres moustiques dans leur milieu naturel et protéger les habitants particulièrement exposés en créant une ceinture invisible autour des centres urbains qui pourrait piéger ces moustiques.

Des machines émettent du CO2 comme les humains pour attirer les moustiques et grâce à un aspirateur, les piègent une bonne fois pour toute ! Moustiques des marais et aussi moustiques tigre, la machine ne fait pas la différence.

Emission de CO2 ? Pas terrible pour la planète tout ça… sauf si le CO2 émis a été capté ailleurs. Du CO2 recyclé selon Simon Lillamant, co-inventeur de la borne anti-moustique de la société Techno Bam. « Le CO2 est capté au niveau des serres de fermentation de blé et il est mis en bouteille ». Du coup, pas de surplus de CO2 dans l’atmosphère…

L’expérimentation suit son cours pour la deuxième année mais déjà les résultats de la première année sont très concluants. Le reportage expose le « test du mollet », qui consiste à compter le nombre de tentatives de piqures de moustiques par tranches de 10 minutes, et le constat est éloquent : 1,5 tentatives sur les sites où la machine est installée, contre 15,7 où la machine n’est pas installée !

A noter que vous pouvez également lutter contre le moustique tigre à votre échelle en suivant ces conseils solutions efficaces contre le moustique tigre, ou en vous procurant un piège à moustique efficace et beaucoup plus écologique que la pulvérisation d’insecticides.

[source : Baptiste Clarke, via actu-environnement.com]

Les produits chimiques ne sont pas du tout la bonne solution pour lutter contre les moustiques

La saison des piqûres de moustique bat son plein, ces insectes qui prolifèrent de manière inhabituelle cet été.

Produits chimiques : pas la bonne solution

« Les produits chimiques ne sont pas du tout la bonne solution pour lutter contre les moustiques », a expliqué jeudi sur France Info Gilles Bénard, entomologiste et spécialiste de ces insectes. « Surtout quand ce sont des moustiques qui se développent autour des habitations. C’est le cas du moustique tigre qu’on ne trouve pas dans le milieu naturel ».

démoustication moustique tigre

Pourquoi autant de moustiques cet été?

Pourquoi il y a-t-il autant de moustique cet été ? « Le problème moustique doit être lié aux problèmes de inondations qu’il y a eu il y a quelques semaines. (…) cela crée des sous-bois inondés, des marais qui sont remis en eau, et les œufs présents sur le sol vont pouvoir éclore et se développer plus que les autres années où il y a moins de surfaces en eau », a indiqué le spécialiste.

Comment se débarrasser des moustiques ?

Alors comment se débarrasser de ces moustiques ? « Il faut faire le tour de tout ce qui peut contenir de l’eau » stagnante ce qui permet « le développement des larves », a expliqué Gilles Bénard.
Nous vous recommandons également de vous protéger à votre échelle en suivant nos conseils solutions efficaces contre le moustique tigre et même en vous équipant pour l’été avec un piège à moustique.

Compléments moustique-tigre.info

L’article ci-dessus n’explique malheureusement pas pourquoi les produits chimiques ne sont pas une bonne solution.
Voici l’explication moustique-tigre.info : si vous décidez d’utiliser des insecticides pour traiter votre jardin, vous allez effectivement faire baisser notablement la population de moustiques tigres.
En revanche ce traitement a plusieurs inconvénients :

  • Cette baisse sera très temporaire : ils reviendront progressivement pour atteindre leur ancien niveau environ 10 à 15 jours après le traitement en fonction des conditions météo
  • Ce traitement va également détruire tous les autres insectes. Vous allez donc totalement déséquilibrer l’environnement de votre jardin : plus d’araignées, plus de moucherons, plus de papillons etc. Il y a donc un risque non nul qu’une espèce invasive prenne la place dans les mois qui suivent
  • Vous ne traitez que les symptômes et pas la cause : privilégiez plutôt la recherche d’eau stagnante dans l’environnement direct de votre domicile (voisins, rues, etc.)

Enfin, pour vous protéger correctement, nous vous conseillons vivement de lire nos dossiers : Comment se protéger des moustiques tigres et Test solution efficaces contre le moustique tigre

[source : France Info, et compléments moustique-tigre.info]

Des chauve souris pour lutter contre le moustique tigre ?

Des chauve souris pour lutter contre le moustique tigre ?

A Marmande, la Ville veut freiner la prolifération du moustique-tigre en installant 100 abris à chauve-souris.

Le moustique tigre bien installé en Lot-et-Garonne

Le moustique-tigre a pris ses aises en Lot-et-Garonne, il n’en partira pas. Ce n’est donc pas pour éradiquer l’insecte en pyjama noir et blanc que la Ville de Marmande la chauve-souris, mais Marmande veut néanmoins choyer les chiroptères, capables de dévorer près de 4 000 moustiques-tigres par jour. Et donc de jouer le rôle d’insecticides naturels redoutables.

« Nous misons sur un plan de développement durable impliquant le moins de nuisances possible pour les habitants »

Depuis un mois, Marmande a confié à ses services techniques le soin de construire des abris pour chauve-souris. « Pour lutter contre la prolifération des moustiques-tigres, étant donné les nombreuses plaintes reçues en mairie, nous misons sur un plan de développement durable impliquant le moins de nuisances possible pour les habitants, indique le maire Daniel Benquet. Des choses très classiques, comme des supports de communication complets, une vidéo, des contacts avec les entreprises pour éviter la stagnation d’eau aux abords de leur site, l’embauche de services civiques pour sensibiliser la population, etc. Et puis nous innovons avec ce projet d’installation d’une centaine d’abris à chauve-souris. »

Attirer les chauve souris


chauve souris moustique tigre

Un prototype d’abri à chauve souris a été présenté il y a quinze jours en bureau municipal. Ces supports visent à apporter protection et chaleur aux chiroptères afin qu’ils reviennent en ville. Une récente étude présentée par le ministère de l’Environnement a indiqué que le Lot-et-Garonne comptait parmi les départements ayant les plus forts taux de chauves-souris considérées comme menacées ou quasi menacées d’extinction. « Il en reste dans les campagnes. Mais en milieu urbain, elles ne trouvent pas suffisamment de calme. Il faut donc les aider à y revenir. Il est important de les réintroduire », poursuit le maire.

Un étudiant de l’université de Bordeaux, en master 2 Biologie de l’environnement, spécialiste des cycles des deux espèces, devrait prochainement venir en renfort pour aider à l’implantation de ces abris que les habitants construiront au travers des conseils de quartier.

« Il reste des chauves-souris dans les campagnes. Mais il faut les aider à revenir en ville »

Ce levier innovant de lutte contre la prolifération du moustique-tigre, espèce invasive vectrice notamment du chikungunya et de la dengue, complétera un « arsenal » chimique que les services municipaux jugent peu efficaces. « C’est simple, nous faisons deux traitements annuels. Leur efficacité est de cinq jours chacun », assène Daniel Benquet. Maigre, effectivement. Des traitements individuels chez le particulier, moyennant des frais, peuvent être proposés par la Ville. Là encore, aucune garantie d’efficacité, le satané moustique pouvait très bien avoir pris ses aises chez le voisin.

Quelle efficacité pour ces chauve souris?

L’efficacité des petits mammifères est-elle avérée, ceux-ci vivant la nuit, à l’heure où les moustiques-tigres sont en sommeil ? « L’été, les chauves-souris sortent quand la luminosité commence à chuter. On les voit d’ailleurs très bien virevolter. C’est le moment où les moustiques-tigres sont très virulents. Nous espérons simplement que les chauves-souris s’approprieront rapidement ces nichoirs. »

Le conseiller départemental Joël Hocquelet, très impliqué dans cette lutte pense qu’au contraire les deux espèces ne feront que se croiser. L’expérience, qui sera mise en place dès cette année dans la commune, sera donc seule juge. Une chose est sûre : la municipalité de Marmande relève les manches. Au risque de se faire piquer (l’idée, tout du moins).

L’avis de moustique-tigre.info

Nous avons demandé à plusieurs de nos contributeurs et certaines personnes ont des chauve souris tous les soirs qui virevoltent au dessus de leur jardin. Ils nous ont tous confirmé que les chauve souris n’ont absolument aucun impact sur les moustiques tigres, pour deux raisons principales :

  • Les chauve souris sortent au moment où les moustique tigres vont s’abriter pour la nuit
  • Les chauve-souris volent au dessus 3-4 mètres de haut, soit plutôt au dessus de la zone préférée des moustiques tigres (plutôt en dessous de 3 mètres, voire même plutôt au niveau des chevilles!)

Nous émettons donc de sérieux doute quant-à l’efficacité de cette mesure, même si nous serions ravis qu’elle fonctionne. Peut-être faudrait-il néanmoins pousser l’étude pour identifier des espèces de chauve-souris volant plus bas et chassant plus tôt ? Il serait intéressant d’étudier si de telles espèces existent et si la population de moustique tigre est moins dense aux alentours de leur habitat ?

Attention également aux démoustications abusives. Etant donné que l’effet est très court (5 jours cités plus haut), le jeu en vaut-il la chandelle ? D’autant que les événement récents font planer des doutes sur les effets sur la santé (voir notre article Lien entre microcéphalies et insecticides ?)

[source : sudouest.fr, compléments moustique tigre]

Réunion d’urgence sur le Zika à l’OMS

Un comité d’urgence s’est tenu lundi à l’OMS pour déterminer si le virus Zika, transmis par la piqûre du moustique tigre, constitue une urgence de santé publique mondiale ou non. Trois à 4 millions de cas sont attendus aux Etats unis cette année.

Une urgence de santé mondiale ?

Le virus Zika est-il une « urgence de santé publique mondiale » ? Telle est la question à laquelle tentera de répondre l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à l’issue de ce comité. La rareté de cet événement atteste de l’inquiétude de l’institution sur l’éventualité d’une épidémie de portée mondiale.

L’OMS a averti la semaine dernière que le virus, qui se transmet par une piqûre de moustique tigre de genre Aedes aegypti ou Aedes albopictus, se propage « de manière explosive » dans la région des Amériques, avec 3 à 4 millions de cas attendus en 2016.

Explosion des microcéphalies infantiles

Le Brésil, qui est le pays le plus touché par le Zika, avait déjà sonné l’alerte en octobre dernier, lors de l’apparition d’un nombre inhabituellement élevé dans le nord-est de cas de microcéphalie, malformation congénitale dont souffrent les enfants nés avec une tête et cerveau anormalement petits. Depuis, 270 cas confirmés de microcéphalie et 3 448 cas suspects ont été enregistrés, contre 147 en 2014.

La Colombie, le Salvador, l’Équateur, le Brésil, la Jamaïque et Porto Rico ont d’ores et déjà recommandé aux femmes d’éviter toute grossesse tant que l’épidémie de Zika n’est pas sous contrôle. En Europe et en Amérique du Nord, des dizaines de cas d’infection par le Zika ont été signalés parmi les personnes revenant de vacances ou de voyages d’affaires dans les pays touchés.

La directrice de l’OMS, Margaret Chan, a par ailleurs souligné qu’une relation de cause à effet entre la propagation du virus et l’augmentation des cas de microcéphalie chez les nouveau-nés était fortement « suspectée » bien que non scientifiquement et rigoureusement prouvée.

Une conférence téléphonique

La réunion d’urgence s’est faite via conférence téléphonique entre de hauts responsables de l’OMS, des représentants des pays affectés, et des experts. Les participants devraient annoncer leur décision cette semaine.
L’OMS s’est abstenue jusqu’à présent de formuler des recommandations concernant les voyages dans les zones affectées par le Zika, soulignant que la prévention la plus efficace consistait à éliminer les eaux stagnantes, où prolifèrent les moustiques, et à utiliser des répulsifs et des moustiquaires pour se protéger.

Il n’existe actuellement aucun traitement, et selon l’OMS, la mise au point d’un vaccin devrait prendre plus d’un an.

Infographie OMS : moustique tigre zika

[source : France24]

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