Épidémie de dengue à la Réunion

Le chercheur Patrick Mavingui, directeur du PMIT (laboratoire « Processus infectieux en milieu insulaire tropical »), revient sur ses recherches concernant la dengue. Moustique stérile, échec du vaccin, formes différentes de la dengue… Il nous explique tout.

Quatre types différents de dengue

Il existe en fait 4 formes différentes de dengue, qui induisent des réactions différentes des anticorps, comme l’explique le chercheur.
A La Réunion en revanche, seules trois formes sévissent.

« En ce moment, dans la phase épidémique, les formes 1 et 4 circulent mais le type 2 reste majoritairement identifié », relate Patrick Mavingui.

Recherche sur les moustiques stériles

L’Université de La Réunion dispose d’un laboratoire de recherche, qui élève le fameux moustique tigre transgénique. « On les libère dans la nature pour qu’ils aillent copuler avec les femelles. Comme ils sont stérilisés il n’y aura pas de descendance ».

324 cas depuis le début de l’année

La dengue est très virulente cette année à La Réunion. L’épidémie prend énormément d’ampleur, notamment dans l’Ouest et le Sud de l’île.

« Les conditions météorologiques, en particulier les fortes pluies depuis le début de l’année, sont propices au développement du moustique tigre. Les prochaines semaines sont donc essentielles pour contenir la diffusion de la dengue par une action collective et coordonnée » précise l’Agence Régionale de Santé (ARS OI).
Cette situation fait penser au début de l’épidémie de chikungunya en 2005-2006. L’hiver austral n’a en effet pas stoppé la transmission de la dengue comme c’est le cas d’habitude. Contrairement aux années précédentes, où le nombre de cas diminuait significativement à la fin du mois de décembre, des foyers de transmission de dengue se sont maintenus sur l’île de La Réunion fin 2017.

Echec du Dengvexia

Face à cette situation, La Réunion, tout comme le reste du monde, ne dispose pas de vaccin. Le laboratoire Sanofi et son vaccin Dengvexia n’est pas parvenu à développer un traitement efficace contre les quatre souches de dengue simultanément.

Des moustiques de plus en plus résistants

Les insecticides ont longtemps permis de lutter contre les moustiques, mais les insectes sont devenus de plus en plus résistants à ces produits qui ont par ailleurs des conséquences néfastes pour l’environnement.
Plus de 100 pays, regroupant un quart de la population mondiale, sont considérés à risque d’épidémie de dengue.
Face à l’absence de thérapies efficaces contre la dengue, la lutte contre le moustique demeure le moyen le plus efficace pour prévenir la transmission du virus. Plusieurs moyens existent, comme la protection individuelle contre les piqûres, l’élimination mécanique des gîtes larvaires ou l’application d’insecticides.

[sources : linfo.re, francetvinfo.fr]

Les moustiques tigres déjà de retour début mars à Toulouse

L’hiver doux et pluvieux pourrait avoir favorisé la survie des moustiques qui sont déjà signalés dans plusieurs quartiers de Toulouse. Ce qui laisse craindre un nouvel été difficile.

Les Toulousains l’ont appris à leurs dépends depuis l’été dernier, l’enfer ce n’est pas les autres, comme le prétendait Jean-Paul Sartre, mais bel et bien les moustiques tigres ! Pour ceux qui ont vécu l’année dernière avec les sprays préventifs et les spirales de pyrèthre à portée de main, sans pouvoir s’installer dans leur jardin, obligés même d’endiguer les attaques à l’intérieur des habitations, la nouvelle a de quoi faire frémir. Oui, ils sont déjà de retour, dans plusieurs quartiers de Toulouse.

En effet, fin février déjà, des joueurs de football semblent avoir été attaqués sur les terrains de l’Enac, sur le campus de Rangueil, et des riverains du boulevard de Suisse ont vu leurs pires cauchemars se réveiller. Ce qui ne présage rien de bon pour les mois à venir, pour la période estivale en particulier.
«Si l’invasion de l’année dernière doit recommencer sans que les pouvoirs publics n’agissent, ça va devenir intolérable», remarque Gaby, qui a constaté que les insectes n’avaient rien perdu de leur virulence.

Les actions pour réduire la population de moustiques tigres


Il est essentiel d’éliminer les eaux stagnantes dans notre environnement immédiat. Mais le principe a largement montré ses limites en ville, où il est difficile de contrôler les négligences du voisin. Il n’est pas non plus question de compter sur la démoustication. Nicolas Sauthier, responsable du pôle de gestion des alertes sanitaires à la délégation de la Haute-Garonne de l’agence régionale de santé (ARS), l’a rappelé lors de la crise de l’an dernier : «L’emploi de produits phytosanitaires en traitement aérien est inefficace et n’est pas souhaitable d’un point de vue environnemental». Pire encore, une campagne d’extermination n’y ferait rien, puisque la résistance du moustique tigre, notamment, imposerait de recommencer en permanence. La seule politique sanitaire retenue est de n’intervenir que dans le cas où le moustique est susceptible d’avoir été en contact avec une personne contaminée par les virus tropicaux, dengue, zika ou chikungunya et donc susceptible de propager la maladie. Pour les autres cas, cette solution n’est pas envisageable. En attendant le retour d’expériences en cours sur la stérilisation des moustiques mâles, l’agence régionale de santé, fataliste, a prévenu : «Il faut se faire une raison, on devra vivre avec les moustiques comme les populations des tropiques en ont pris l’habitude». Et surtout, nous dit-on, relativiser les désagréments… et vivre à nouveau, cet été, au rythme de la danse de Saint-Guy ?

L’été dernier, on a recensé six interventions de démoustication à Toulouse, après enquête entomologique, pour des cas suspects de contamination possible par les virus zika, celui de la dengue ou du chikungunya.

La ville lance une campagne de prévention inédite

Françoise Roncato, adjointe au maire en charge de l’animal dans la ville, le reconnaît : «Nous avons vécu une année 2017 avec énormément de moustiques et de plaintes. Nous avons donc déjà commencé les réunions avec le conseil départemental et l’Agence régionale de santé, avec tous les directeurs de service pour alerter et donner les précautions à prendre dès maintenant. Cela n’avait jamais été fait.» Un travail sera mené dans les écoles, sur les toits, les accueils de loisirs, les crèches etc.
Les agents d’Allô Toulouse ont également été formés. Des fiches conseil sont à leur disposition, pour communiquer aux administrés. Une réunion grand public et une grosse campagne de communication sont aussi dans les tuyaux, à partir de mai. Mais la ville étudie aussi la possibilité d’installer des bornes anti-moustiques. Celles-ci diffuseraient des gaz à odeur de transpiration, qui attireraient les femelles qui se prendraient au piège de la borne. La mairie prendra sa décision en fonction du coût et de l’efficacité du système.

40.000€ pour lutter contre le moustique tigre dans les Hautes Alpes

La lutte s’organise dans les Hautes Alpes.

Vingt pièges à moustique tigre (aedes albopictus) sont en effet installés dans le département pour surveiller la propagation de cet insecte vecteur de maladie comme la dengue et le chikungunya depuis 2010. En juin 2017, la présence de ce moustique a été confirmée pour la première fois à Gap avec un cas avéré.

Le département passe donc en niveau “albopictus 1” (sur une échelle de 6) ce qui implique le renforcement de la surveillance départementale et les mesures nécessaires pour éviter tout risque de propagation du moustique.

Le Département a donc décidé de déléguer une partie la lutte anti-vectorielle à un opérateur public spécialisé en la matière, l’EID (entente interdépartementale pour la démoustication) Méditerranée. L’enveloppe s’élève à 40 000 euros.

« Ça fait cher le moustique », a-t-on entendu dans l’hémicycle.

[source : ledauphine.com]

Le covoiturage du moustique tigre

De récentes recherches semblent démontrer le rôle des déplacements automobiles dans la prolifération du moustique tigre en France et même en Europe. Habituée des transports de marchandises, l’espèce invasive sait aussi profiter de l’habitacle des véhicules pour se propager. L’étude indique que 5 voitures sur 1 000 pourraient en transporter.

Les scientifiques ont étudié le trafic, et même passé plusieurs voitures à l’aspirateur en Espagne pour vérifier leurs hypothèses. récit d’une étude peu commune.

En s’appuyant sur des méthodes pour le moins originales, une étude scientifique met en évidence le rôle de l’automobile dans la dispersion de cette espèce invasive en Europe. « Nous avons vérifié l’impact de la circulation des véhicules individuels dans la dispersion de ce moustique, vecteur potentiel de maladies tropicales au sein des régions tempérées », explique l’entomologiste médical David Roiz, co-auteur d’une publication sur le sujet parue dans la revue Scientific Reports.

Le moustique tigre, également appelé Aedes albopictus est considéré comme l’une des espèces les plus invasives au monde. Cela s’explique par sa forte plasticité physiologique. En effet, cette espèce est capable de coloniser une diversité importante d’environnements et ses oeufs résistent à la dessiccation et aux basses températures, ce qui favorise leur transport. L’espèce aurait ainsi profité du développement du commerce mondial, et en particulier de celui des pneus usagés, pour coloniser de nombreuses régions du monde. Dans les régions tropicales investies, elle pose de sérieux problèmes de santé publique.

Depuis plusieurs années, le moustique tigre, dont les souches tempérées supportent le froid hivernal, envahit également l’Europe et l’Amérique du Nord. Sa présence génère alors de nouveaux risques, notamment pour les humains. Il peut en effet propager les pathogènes tropicaux (dengue, chikungunya, zika), après avoir été contaminé en piquant un sujet infecté lors d’un voyage dans une zone d’endémie. En moins d’une quinzaine d’années, il a ainsi colonisé de nombreux pays européens, dont la moitié de la France. « La dispersion active, par le vol, ne peut suffire à expliquer l’extension de son aire géographique en Europe, estime le jeune chercheur. Il ne peut en effet se déplacer que de 100 à 300 mètres par ses propres moyens et tout laisse à penser qu’il profite des transports terrestres ». De fait, des travaux menés en France, par d’autres scientifiques de son laboratoire ont montré l’importance de la dispersion de l’espèce le long des axes autoroutiers, en fonction de la densité du trafic 2. Les oeufs ou les larves sont peut-être transportés dans les chargements des camions transitant sur ces voies. Comme les passagers, le moustique tigre pourrait aussi voyager dans l’habitacle des véhicules.

« Pour vérifier l’hypothèse d’un déplacement d’Aedes albopictus dans les voitures, nous avons donc intercepté des automobilistes aux barrières de péages avec la police, raconte le spécialiste. Nous les avons interrogés sur leur itinéraire, sur la présence éventuelle d’insectes à bord, sur l’emploi de la climatisation durant le trajet, et nous avons passé l’habitacle à l’aspirateur ». Ce faisant, les scientifiques, qui opéraient sur une autoroute du nord de l’Espagne, ont collecté 4 « passagers clandestins » sur 770 véhicules contrôlés. Peu élevé en valeur absolue, ce chiffre prend des proportions énormes, rapporté au volume du trafic routier. « La modélisation suggère que 13000 à 71 000 véhicules participent à la dispersion passive du moustique tigre sur les routes de cette seule région, révèle David Roiz. Cela signifie que 5 voitures sur 1 000 pourraient contribuer à disséminer le moustique en été le long des principaux axes de communication du sud de l’Europe ! ».

Pour étayer leurs connaissances sur les déplacements automobiles d’Aedes albopictus, l’équipe internationale à l’origine de ces travaux vient de lancer une application de science citoyenne sur smartphone, permettant à tout un chacun de photographier les moustiques vus dans sa voiture et de communiquer les informations utiles sur le trajet effectué par l’insecte. Les autorités sanitaires mettent par ailleurs à disposition un outil de surveillance participative du moustique tigre, où le public peut signaler la présence de l’insecte.

[source : IRD]

Lutte contre le moustique tigre en Alsace

Le moustique tigre a débarqué dans le Haut-Rhin dès 2014. Il a depuis bouleversé le quotidien du service de démoustication de la Brigade verte. Une nouvelle campagne commencera dès le prochain printemps pour tenter de ralentir la prolifération de ce moustique.

Dans le service de démoustication de la Brigade verte du Haut-Rhin, à Soultz, la nouvelle année de lutte contre le moustique tigre se prépare. Arrivé d’Asie, le moustique tigre, de son petit nom Aedes albopictus, a débarqué en France en 2006, date à laquelle sa parure noire à bandes blanches est repérée du côté de Menton, à proximité de la frontière italienne.

Depuis, l’insecte a colonisé très rapidement le sud de la France et la vallée du Rhône, en suivant principalement les axes routiers, probablement en tant que passager clandestin dans les chargements de camions et dans les voitures. Aujourd’hui, la présence d’Aedes albopictus est également attestée dans plusieurs départements de l’ouest, du nord, en région parisienne, et, depuis quatre ans, en Alsace. « En 2014, nous l’avons détecté pour la première fois à l’EuroAirport, où il était présent de façon ponctuelle » , explique Thomas Krebs, technicien au service démoustication, qui travaille sur le sujet avec ses collègues Philippe Bindler et Arnaud Hurstel.

En 2015, un nouveau cas est confirmé à l’autoport de Sausheim : « On a réagi immédiatement, on a tout traité et supprimé les points d’eau stagnante, ce qui est impératif si l’on veut se débarrasser des moustiques. Et ça semble avoir payé, puisqu’aucun moustique n’a été repéré à cet endroit en 2016. » Le répit a pourtant été de courte durée : le moustique tigre étant un nuisant pour le moins coriace, il a à nouveau été détecté à Sausheim l’an dernier.

Entre-temps, en décembre 2015, notre charmante bestiole a été repérée plus haut dans le département, à Wickerschwihr, non loin de Colmar. « Cette détection fait suite à un signalement. Nous avons posé un réseau de pièges au printemps, qui se sont révélés positifs en août, non seulement à Wickerschwihr, mais également à Holtzheim, à 500 mètres de là. Avoir deux pièges positifs à 500 mètres de distance, c’est très mauvais, cela montre que le moustique est solidement implanté à cet endroit » , indique Thomas Krebs.

La présence d’Aedes albopictus dans ces villages aux portes de Colmar laisse le technicien perplexe : « Comment il est arrivé là, c’est un mystère. Nous avons plusieurs pistes possibles, il peut s’agir d’un moustique ramené dans les bagages d’une personne revenue de voyage, ou alors c’est un insecte importé d’Allemagne, où il est également présent. » Les agents de la Brigade verte vont alors effectuer du porte-à-porte dans les deux villages durant une semaine, afin de supprimer tous les gîtes potentiels d’œufs. « Nous avons trouvé trois propriétés avec des œufs de moustique tigre, et 24h plus tard, nous avons traité à l’insecticide, à 3 h du matin, le but étant alors de supprimer les moustiques adultes. »
« Tenter de contenir la menace »

Des relevés de pièges effectués à la fin de l’année 2016 confirment malheureusement ce que tout le monde craignait : le moustique tigre est toujours présent dans les deux villages. « À ce moment-là, on a su qu’il n’y avait plus grand-chose à faire. Dès lors, notre rôle était de surveiller et de tenter de contenir la menace. » Une tâche ardue, qui nécessite, en premier lieu, de surveiller la dynamique saisonnière du moustique tigre, dont la période d’activité s’étend de mai à octobre, mais aussi de mener des enquêtes entomologiques, d’intervenir chez les particuliers, et de sensibiliser la population dans les communes concernées via des réunions d’information et des séances de formation.

« L’arrivée du moustique tigre a bouleversé notre métier » , avoue Thomas Krebs, pour qui les prochains mois vont être chargés. Les agents terminent en effet actuellement le débroussaillage des sites sous surveillance, avant d’attaquer dès la fin mars les opérations de prospection et de traitement. « Nous allons poser notre réseau de pièges dès le mois d’avril » , ajoute-t-il.

Aujourd’hui, la présence du moustique tigre est attestée à Wickerschwihr et Holtzheim, où il est installé, mais aussi à Colmar, Sausheim et Saint-Louis, où il apparaît de manière ponctuelle. « Notre chance dans cette histoire, c’est qu’en raison de l’hiver humide, le niveau d’eau est actuellement assez haut. Il va ensuite baisser, ce qui n’est pas très favorable à l’éclosion des œufs cette année. Mais sachant que ceux-ci peuvent résister plusieurs années à la sécheresse et au gel, ce n’est que partie remise. »

[source : lalsace.fr]

Les moustiques tigres piqueraient moins ceux qui se défendent le plus

Une récente étude américaine révèle que les moustiques sont capables de se souvenir du danger. Une découverte utile pour faire fuir ces indésirables.

Quoi de plus énervant que le bruit d’un moustique qui rôde autour de vous ? Face à cette menace imminente, certains n’hésitent pas à tenter d’écraser cet insecte. Est-ce la bonne attitude à adopter pour ne pas se faire piquer ? Oui, si l’on en croit les chercheurs de l’Université de Washington, de l’Université de Californie et de l’Institut de technologie de Californie.

Pour les besoins d’une étude publiée dans la revue Current Biology, les scientifiques ont mis des moustiques tigre (Aedes aegypti) femelles à proximité de morceaux de tissu renfermant différentes odeurs humaines. Lorsque les insectes se posaient sur ces morceaux de tissu, ils subissaient des vibrations ressemblant aux comportements défensifs de l’homme.

Les moustiques ont par la suite été mis en présence de tissus comportant des odeurs humaines et d’autres sans odeur, de façon simultanée. Bilan : ils se sont dirigés vers le tissu sans odeur et ont évité le tissu renfermant l’odeur humaine pendant plus de 24 heures, un effet qui semble comparable à celui des sprays répulsifs. Une démonstration qui prouve, selon les chercheurs, que les moustiques ont associés l’odeur humaine au danger et qu’ils sont donc capables d’apprendre et de se souvenir.

Mais comment est-ce possible ? Les scientifiques ont étudié la question et ont découvert que la dopamine, un neurotransmetteur, était à l’origine de ce phénomène. Pour le prouver, ils ont coupé le système dopaminergique de moustiques et ont constaté que ces derniers n’étaient pas capables d’associer l’odeur humaine au danger. Une découverte qui pourrait ouvrir de nouvelles voies dans le développement de répulsifs.

Moralité, si des moustiques tigres vous tournent autour, n’hésitez pas à leur faire peur. Il se rappelleront peut-être de votre odeur et iront piquer quelqu’un d’autre.

[source : femmeactuelle.fr]

Éradication du moustique tigre : la Polynésie teste la stérilisation

Depuis 2014, des scientifiques testent une nouvelle méthode pour tenter d’éradiquer le moustique tigre : la stérilisation. Voir les articles, notamment Moustiques tigres OGM Brésil et Moustiques tigres génétiquement modifiés en France.

moustique tigre polynésie

Cette année, c’est en Polynésie Française que le laboratoire Louis Malardé relâche des moustiques mâles infectés par une bactérie. Une fois relâchés, ils stérilisent les moustiques femelles.

En France, le moustique tigre est présent depuis 2004. Aedes Albopictus se reconnaît facilement, avec ses rayures noires et blanches sur le corps et sur les pattes. L’insecte femelle pique, et peut véhiculer des maladies comme la dengue, le Chikungunya, mais également le Zika qui, transmis à la femme enceinte, peut à l’origine de malformations sévères chez le bébé: la microcéphalie. Cette malformation est notamment responsable d’un retard mental irréversible.

Moustiques polynésien

La lutte contre ces nuisibles constitue donc un enjeu de santé publique majeur. l’Institut Louis Malardé (où vécut Marlon Brando) a engagé une étude innovante : les scientifiques infectent les moustiques mâles en laboratoire avec une bactérie « Wolbachia ». Une fois libérés, ces insectes s’accouplent avec les femelles et par la même occasion, ils les stérilisent : les femelles pondront des oeufs qui n’écloront jamais. Une femelle peut pondre tous les 12 jours, jusqu’à 150 œufs par ponte. C’est elle qui pique les humains, les mâles sont inoffensifs. Voilà qui pourrait être de nature à éradiquer ces insectes nuisibles, sans produits chimiques.

Deux journalistes scientifiques, Émilie Martin et Marie Pier, ont suivent de près cette expérience. Nous ne manquerons pas de vous relayer les résultats de cette étude dès qu’ils seront disponibles.

[source : France Info TV

Carte présence officielle moustique tigre France 2018

Voici la carte de présence officiellement du moustique tigre en France au 1er janvier 2018 par le Ministère de la Santé. Cette carte est donc officielle, en comparaison à la carte de vigilance moustique qu’on peut trouver ailleurs sur le web.

carte moustique tigre 2018

Liste des départements ROUGES, où le moustique tigre (aedes albopictus) est officiellement déclaré comme installé et actif

  • 01 – Ain – Bourg-en-bresse
  • 02 – Aisne – Laon
  • 04 – Alpes-de-Haute-Provence – Digne-les-bains
  • 05 – Hautes-alpes – Gap
  • 06 – Alpes-maritimes – Nice
  • 07 – Ardèche – Privas
  • 09 – Ariège – Foix
  • 11 – Aude – Carcassonne
  • 12 – Aveyron – Rodez
  • 13 – Bouches-du-Rhône – Marseille
  • 19 – Corrèze – Tulle
  • 19 – Corrèze – Tulle
  • 24 – Dordogne – Périgueux
  • 24 – Dordogne – Périgueux
  • 26 – Drôme – Valence
  • 30 – Gard – Nîmes
  • 31 – Haute-garonne – Toulouse
  • 32 – Gers – Auch
  • 33 – Gironde – Bordeaux
  • 33 – Gironde – Bordeaux
  • 34 – Hérault – Montpellier
  • 36 – Indre – Châteauroux
  • 36 – Indre – Châteauroux
  • 38 – Isère – Grenoble
  • 40 – Landes – Mont-de-marsan
  • 46 – Lot – Cahors
  • 47 – Lot-et-garonne – Agen
  • 49 – Maine-et-loire – Angers
  • 49 – Maine-et-loire – Angers
  • 64 – Pyrénées-atlantiques – Pau
  • 65 – Hautes-Pyrénées – Tarbes
  • 66 – Pyrénées-orientales – Perpignan
  • 67 – Bas-rhin – Strasbourg
  • 68 – Haut-rhin – Colmar
  • 69 – Rhône – Lyon
  • 71 – Saône-et-loire – Mâcon
  • 73 – Savoie – Chambéry
  • 78 – Yvelines – Versailles
  • 81 – Tarn – Albi
  • 82 – Tarn-et-garonne – Montauban
  • 83 – Var – Toulon
  • 84 – Vaucluse – Avignon
  • 85 – Vendée – La roche-sur-yon
  • 85 – Vendée – La roche-sur-yon
  • 94 – Val-de-marne – Créteil

Liste des départements où le moustique tigres est officiellement déclaré comme détecté sporadiquement

  • 03 – Allier – Moulins
  • 17 – Charente-maritime – La rochelle
  • 18 – Cher – Bourges
  • 41 – Loir-et-cher – Blois
  • 60 – Oise – Beauvais
  • 63 – Puy-de-dôme – Clermont-ferrand
  • 77 – Seine-et-marne – Melun
  • 79 – Deux-sèvres – Niort
  • 91 – Essonne – Évry

[source : solidarites-sante.gouv.fr]

L’EID cherche de jeunes volontaires du service civique en Isère

Cette année, avec l’arrivée du moustique tigre, responsable de fortes gênes pour la population, l’EID renforce sa lutte dans les zones urbanisées où sévit ce moustique.
En effet cette espèce se développe dans milieux artificiels se trouvant principalement sur le domaine privé chez les particuliers.
De ce fait, et afin de compléter son action, l’EID Rhône-Alpes cherche des volontaires du service civique qui auront pour rôle de mettre en place des actions de communication et de sensibilisation du grand public. Ils réaliseront des actions de porte à porte sur les communes concernées qui permettront de sensibiliser et d’apprendre aux citoyens, les gestes essentiels pour limiter la prolifération de ce moustique. L’EID recherche des personnes ayant le sens du contact et de bonnes qualités relationnelles et d’écoute.

A noter :

  • Permis B obligatoire
  • Territoires concernés : communes de l’ agglomération de Grenoble
  • poste basé à : Saint Martin d’Hères (38)
  • À partir du 1 mai 2018 (6 mois, 28 h/semaine)
  • 4 postes disponibles

Autre questions fréquemment posées :
Quel organisme ? Entente pour la demoustication
Le lieu de la mission est accessible aux personnes à mobilité réduite ? Non
La mission est accessible aux mineurs dès 16 ans ? Non

[Source : service-civique.gouv.fr]

Comment Zika induit la microcéphalie? Explication du mécanisme

La microcéphalie est une malformation congénitale irréversible du cerveau, caractérisée par un développement incomplet du cortex cérébral.

microcephalie zika explication

Si l’on savait déjà, depuis les précédentes études épidémiologiques, que le fœtus infecté in utéro par le virus Zika encourt un risque de microcéphalie, le mécanisme entrainant la microcéphalie associée à ce virus était jusqu’à ce jour méconnu. Une équipe internationale de chercheurs, réunis au sein du consortium européen ZIKAlliance (coordonnée par l’Inserm), semble en effet avoir identifié un mécanisme spécifique. Dirigée par l’équipe du Dr Laurent Nguyen (les Drs. Gladwyn-Ng, Cordón-Barris, Alfano, Creppe et Morrelli) de l’Université de Liège (ULiège) avec l’aide de leur collègue le Pr Marc Lecuit de l’Institut Pasteur/Inserm à Paris, une équipe internationale de chercheurs vient en effet d’identifier les mécanismes par lesquels le virus Zika, en infectant des femmes enceintes, peut perturber le bon développement du cerveau de leur bébé et mener à la microcéphalie.

En résumé, le virus du zika a deux effets principaux sur le cerveau en formation :

  • Il réduit la capacité des cellules souches à produire des neurones
  • Il infecte les cellules neuronales déjà produites et induit leur mort prématurée

Explications en cinq étapes avec le Dr Nguyen, dont le Laboratoire de la régulation moléculaire de la neurognése, Giga Neuroscience, a mis à jour il y a deux ans un mécanisme qui explique la manière dont les cellules souches produisent les neurones dans le cerveau.

1 – Les cellules souche : ce que l’on sait de la formation du cerveau

Au début de la formation du cerveau, les cellules souches se divisent et donnent directement naissance aux neurones. Au fur et à mesure du développement du cerveau, ces cellules changent de comportement et donnent naissance à des progéniteurs, ou amplificateurs qui vont permettre de générer plus de neurones. Plus le cerveau se développe, plus il devient capable, via ces cellules souches, de donner naissance à un plus grand nombre de neurones.

2 – Comment les chercheurs ont-ils procédé pour comprendre le mécanisme ?

Pour comprendre le mécanisme qui induit la microcéphalie, les scientifiques ont combiné des analyses de foetus humains infectés par le virus Zika, de cultures de cellules-souches neuronales humaines et d’embryons de souris.

3 – Que démontrent les résultats de cette étude ?

Les chercheurs ont montré que le virus Zika, en infectant les cellules souches neuronales, va les forcer à faire de la neurogenèse (ensemble du processus de formation d’un neurone fonctionnel du système nerveux à partir d’une cellule souche neurale) directe et réduire leur capacité à générer des progéniteurs intermédiaires (amplificateurs) et donc, in fine, réduire le nombre de neurones produits par ces cellules souches. Dans un deuxième temps, les neurones issus des cellules souches infectées par le virus Zika ne survivront pas. « La manière dont Zika induit la microcéphalie, résume le Dr Nguyen, c’est, d’une part, initialement en réduisant la capacité des cellules souches à produire des neurones et, d’autre part, dans les neurones qui ont été produits, Zika se réplique d’une façon importante et induit la mort précoce des cellules neuronales (apoptose). Il y a donc deux étapes: l’une qui commence au niveau de la cellule souche et l’autre au niveau du neurone. Ces deux mécanismes cumulés expliquent pourquoi le cortex cérébral des foetus infectés devient déficitaire en neurones et est donc de taille réduite ».

4 – En quoi ce mécanisme est-il propre à Zika?

Zika fait partie d’une famille de virus, les flavivirus parmi lesquels on trouve d’autres virus (dengue, chikungunia, Nil occidental, fièvre jaune…) véhiculés par le même vecteur, Aedes aegypti, qui est le moustique cousin de notre lalibre.be]