Des moustiques tigres capturés au Canada !

Deux moustiques tigres ont été retrouvé dans un piège à moustiques à Windsor (Canada) en ce mois d’août 2017.
Les deux moustiques ont été analysés et les autorités ont confirmé qu’ils n’étaient porteur d’aucun virus (Zika, Chikungunya et Dengue).
Ils auraient été importés via des containers ou des transports de marchandises.
L’article ne donne pas la réponse, mais on peut penser que ces moustiques sont des spécimens isolés, et que le moustique tigre n’est pas durablement implanté au Canada.

Le fait que des moustiques tigres soient repérés si haut au nord du continent américain nous rappelle (si besoin est) à quel point le moustique tigre sait évoluer et s’adapter aux différents milieux.

Article original (en anglais) Asian tiger mosquito canada sur le site asian tiger mosquito

Un mini microscope à moins de 3€ pour observer le monde du tout petit !

Nous avons testé pour vous un mini microscope pour observer le moustique tigre en TRES gros !

Un mini microscope à emmener partout

Ce microscope tient dans le creux de la main (40 x 36 x 18mm) et vous pourrez l’emmener partout avec vous pour observer les petits détails de la nature (insectes, fleurs, cailloux…)
Il dispose de 3 LEDS et deux couleurs de lumière (blanche ou bleue)
Il est alimenté par 3 piles LR1130 (fournit), ce qui permet des les changer lorsqu’elle sont usées, sans devoir en racheter un nouveau.
Il est par ailleurs fourni avec une housse de protection.

Un grossissement 60 fois

Nous avons pu le tester sur un moustique tigre fraichement capturé et la qualité est saisissante ! Vous pouvez voir les antennes, les facettes des yeux, le bout des pattes, et même les tâches sur son corps, puisqu’il grossit 60 fois.
La prise en main est facile, il suffit de poser l’objet à observer sur une surface stable, puis d’approcher le microscope très près, et de placer un oeil à la bonne distance (1-2 cm) pour trouver la bonne netteté.

mini microscope mini microscope

Ce microscope se trouve sur Amazon pour moins de 3 euros !

moustique tigre

Deux cas autochtones de chikungunya dans le Var

Deux Varois ont été infectés directement en France par le virus du chikungunya (dit cas autochtones). Une première qui mobilise les autorités, révèle « Var-Matin ».

moustique tigre chikungunya

Le var placé en niveau d’alerte 3

Les deux habitants habitent le Cannet-des-Maures, près de Draguignan.
Le département du Var a été placé lundi 14 août en niveau 3 du plan national de lutte contre le moustique tigre.
Ce stade 3 est déclaré dès lors qu’il y a eu au moins deux cas autochtones dans le département. Voir les différents niveaux d’alerte moustique tigre

Nous savions que le moustique tigre avait posé ses valises en France et comptait bien y rester. La nouveauté de la semaine est que deux Varois ont été infectés localement par le virus du chikungunya, une maladie infectieuse tropicale transmise par cet insecte. Et oui, directement sur le territoire national. Une première!
Ces deux cas autochtones concernent « des habitants du même quartier », explique l’agence régionale de santé (ARS) de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, sans préciser de quelle ville il s’agit. Après la détection d’un premier malade, vendredi dernier, une enquête épidémiologique a mené à la découverte d’une deuxième victime de ce moustique présent dans 100 pays et sur les cinq continents.

Patients en état stable

Si l’état des patients « n’inspire aucune inquiétude » selon l’ARS, le département du Var a été placé lundi 14 août en niveau 3 du plan national de lutte contre le moustique tigre, indiquent ce mardi nos confrères de Var-Matin. L’État s’affaire désormais à démoustiquer les lieux fréquentés par les deux personnes atteintes afin d’éviter toute propagation du virus.

[source : Le Point]

15 millions de moustiques génétiquement modifiés lâchés sur l’île de Saba

Après la Floride, c’est sur l’île de Saba que vont être lâchés des moustiques OGM issus de la société britannique Oxitec. Les autorités sanitaires des Pays-Bas ont donné leur accord pour qu’une quinzaine de millions de ces moustiques soit lâchée sur son territoire d’outre-mer, situé aux Caraïbes. Ces moustiques transgéniques seront lâchés dans la nature pendant un an sur plusieurs zones inhabitées de l’île.

Le but est de tester si l’utilisation de ces moustiques génétiquement modifiés aide vraiment à stopper la prolifération de l’Aedes Aegypti (attention, ce n’est pas le moustique tigre, mais un cousin). Ce dernier est le principal vecteur de nombreuses maladies telles que la dengue, le Zika ou le Chikungunya.

Aedes Ageypti

Ce type de moustique a déjà été utilisé à des fins similaires au Brésil, aux Îles Caïman et au Panama. Dans le cas de l’île de Saba, l’autorisation a été délivrée le 6 juillet 2017.

Les moustiques OGM d’Oxitec sont en fait des Aedes Aegypti mâles qui ont été génétiquement modifiés afin d’être mortels pour leurs progénitures. Grâce à des modifications de gènes de type OX513A, ils transmettent un gène tueur à la prochaine génération qui meurt avant d’être en âge de se reproduire. Cela permet d’éliminer rapidement la population locale de moustiques.

Cependant pour des résultats vraiment concluants, il faudra procéder à des envois successifs et réguliers. Une simple petite poignée de survivants peut en effet assurer la reproduction rapide des moustiques. Cela prend six à huit semaines entre chaque envoi pour décimer une colonie.

Des risque pour l’homme et son environnement ?

Une question pertinente, quand on sait que l’île de Saba compte quand même 1 800 habitants. Si on en croit le rapport d’évaluation des risques publié par l’Institut national pour la santé publique et l’environnement des Pays-Bas, la population humaine n’aura rien à craindre.

Le rapport affirme que les moustiques mutants ne présentent aucune « incidence négative sanitaire et environnementale. »

Sinon, la disparition de la population de moustiques locale ne devrait également pas avoir d’impact négatif sur la chaîne alimentaire de l’île. Enfin, en cas d’ingestion accidentelle d’un moustique OGM par l’homme, ce dernier ne court aucun risque d’empoisonnement ou autre.

[source : fredzone.org]

Les moustiques pour démasquer les criminels ?

Des scientifiques japonais seraient parvenus à montrer qu’il était possible d’identifier l’ADN du sang ingéré par un moustique jusqu’à deux jours après la piqûre.

Une étude japonnaise

A partir du moment où un moustique pique un criminel sur les lieux de son méfait, il sera peut-être possible un jour de l’identifier grâce à l’ADN de son sang récupéré dans l’estomac de l’insecte. Une étude sur le sujet a été publiée lundi dans la revue PLOS ONE.

Des scientifiques de l’université Nagoya au Japon ont ainsi montré qu’il était possible de déterminer à qui appartient l’ADN du sang ingéré par un moustique jusqu’à 48 heures après la piqûre.

«Cette technique peut aider le travail de la police pour identifier qui se trouvait sur les lieux d’un crime», relève le chercheur Toshimichi Yamamoto. «A l’avenir, cette technique pourrait fournir suffisamment de preuves pour condamner un délinquant».

Personne ne savait jusqu’à présent pendant combien de temps le sang sucé par un moustique permettait d’identifier l’ADN qu’il contient avant qu’il ne se dégrade.

Identifiable jusqu’à 2 jours

Pour répondre à cette question, le professeur Yamamoto et son équipe d’experts en médecine légale ont récupéré le sang depuis des moustiques ayant préalablement piqué des volontaires.

En amplifiant un petit fragment d’ADN des milliers de fois, les scientifiques ont pu identifier correctement chacun des volontaires et, ce, jusqu’à deux jours après qu’ils aient été piqués. En poursuivant ces recherches, il devrait être possible de déterminer précisément quand le moustique a piqué sa victime.

Un rayon de quelques centaines de mètres

La plupart des moustiques ne volent pas au-delà d’un rayon de quelques centaines de mètres. Leur longévité varient selon les espèces de quelques jours à deux mois.

L’expérience japonaise a été effectuée avec deux espèces de moustiques évoluant surtout dans les régions tropicales et subtropicales: le moustique commun (Culex pipiens) et le moustique-tigre (Aedes albopictus). (ats/nxp)

Les moustiques tigres arrivent avec les fortes chaleurs

Avec les fortes chaleurs, certains insectes prolifèrent. C’est notamment le cas du moustique-tigre, qui est déjà recensé dans de nombreux départements du sud de la France.

Qui dit été, dit moustiques ! Cette année encore, ces insectes seront présents dans l’Hexagone et particulièrement dans le sud. En France, 67 espèces différentes ont été enregistrées à ce jour mais aucune nouvelle famille de moustiques n’a été recensée ces derniers temps.

Le moustique-tigre : invasif et résistant

Parmi toutes ces espèces, l’une d’entre elles inquiète beaucoup : le moustique-tigre de la famille des Aedes. Cet insecte peut en effet être transmetteur du chikungunya, du virus de la dengue et du virus Zika. Particulièrement invasive, cette espèce vit dans plus de 100 pays. « Les moustiques-tigres peuvent vivre en zone urbaine comme en campagne et se reproduisent très facilement », nous dit Stéphane Robert, président du site Vigilance moustiques, site d’information sur la présence de moustiques en France.

Ces moustiques peuvent survivre dans des conditions extrêmement difficiles. La femelle n’a besoin que de très peu d’eau pour se reproduire. « Ils s’adaptent très bien, particulièrement dans le milieu urbain. Ils ont accès à la nourriture et peuvent trouver de l’eau stagnante dans les jardins, les caves, etc. », explique le spécialiste.

Quels sont les départements concernés ?

Ce moustique a été recensé dans de nombreux départements. « Le sud-ouest est la deuxième grande zone où le moustique tigre est présent, la première étant le sud-est. Dans ces régions, l’insecticide est inefficace car les moustiques ont pondu en très grande quantité », affirme-t-il.

Parmi les départements où le moustique-tigre est implanté et actif (rouge), vous trouverez la Vendée, la Gironde, les Landes, les Pyrénées-Atlantiques, la Dordogne, le Gers, le Lot, le Tarn-et-Garonne, la Haute-Garonne, l’Aveyron, le Tarn, l’Hérault, l’Aude, les Pyrénées-Orientales, le Gard, les Bouches-du-Rhône, l’Ardèche, le Var, les Alpes-Maritimes, les Alpes-de-Haute-Provence, le Vaucluse, la Drôme, l’Isère, la Savoie, l’Ain, le Rhône, la Saône-et-Loire, le Haut-Rhin, le Bas-Rhin, la Haute-Corse et la Corse du Sud.

Une fois implanté dans une région, le moustique-tigre est impossible à éradiquer

« Afin d’éviter que les moustiques se multiplient, on incite les gens à nous envoyer une photo lorsqu’ils en repèrent un. Mais il faut qu’ils soient en mesure de le reconnaître », précise Stéphane Robert. Une fois le moustique-tigre implanté dans une région, il est impossible de l’éradiquer. « On met simplement en place des dispositifs de protection pour éviter sa propagation », ajoute-t-il.
Publicité
« Pour ne pas se retrouver avec un nid de moustiques tigres dans son jardin, il faut erradiquer toutes les eaux stagnantes (vases, soucoupes…) qui favorisent leur prolifération. Il est aussi possible de mettre des lotions sur la peau », indique Stéphane Robert. Si la citronnelle est souvent conseillée, elle n’est néanmoins pas reconnue comme répulsif efficace par l’OMS (Organisation mondale de la santé). « Les vêtements amples et claires qui couvrent sont à privilégier. Pour les bébés et les jeunes enfants, il faut utiliser des moustiquaires », conclut-il.

[source : Planet.fr]

Le réchauffement climatique touchera d’abord les plus pauvres

D’après les premières études sur les liens entre pauvreté et changement climatique, ce serait bien les classes les moins favorisées qui seront touchées en premier, aussi bien dans les pays riches comme dans les pays en voie de développement. L’IRD organise un colloque sur ce sujet ce vendredi à Marseille.

Une étude sur les écosystèmes à New York

Les chercheurs de l’équipe de l’Institut Cary pour l’étude des écosystème ont croisé des images de Google Map de différents quartiers de Baltimore, aux États-Unis, des statistiques sur le niveau de vie de leurs habitants et des visites de terrain pour y détecter la présence et l’abondance du moustique tigre (Aedes albopictus). La question est ainsi posée : est-ce que la faible qualité du cadre de vie, la dégradation des bâtiments et une gestion moins bonne de la collecte des déchets que l’on constate aux États-Unis entre quartiers riches et pauvres a une incidence sur la présence d’un insecte potentiel vecteur de maladies virales comme le chikungunya ou la dengue ?

moustique tigre eaux stagnantes

La réponse publiée dans le Journal of Medical Entomology est positive, mais avec cependant des biais sociaux étonnants. “Dans une ville comme Baltimore, les conditions météorologiques d’été chaudes et sèches devraient provoquer un déclin des populations de moustiques, explique Shannon LaDeau, l’une des auteures de l’étude. Dans les quartiers à haut revenu, ce n’est pas le cas parce que les habitants arrosent leurs jardins et favorisent ainsi la survie des insectes. Mais malgré tout, ce sont dans les quartiers les plus pauvres où il n’y a pas de jardins à arroser que l’on trouve le plus de moustiques.” Explication de ce paradoxe : les terrains vagues, les immeubles abandonnés, les déchets non ramassés sont autant de lieux de refuge pour le moustique. Un environnement dégradé augmente le risque de contracter une maladie portée par cet insecte arrivé aux États-Unis dans les années 1980, avec le réchauffement climatique.

Une injustice environnementale

L’étude confirme que cette injustice environnementale est présente sur tout le territoire américain. Des équipes universitaires couvrant le pays ont compilé toutes les données historiques sur les dommages causés par des épisodes météo : inondations, canicules, tempêtes et ouragans. Tous les secteurs économiques et non économiques font des bilans sur les impacts de ces événements et les pertes financières qu’ils ont causées. Les chercheurs se sont donc appuyés sur des analyses portant sur l’agriculture, les dégâts occasionnés par les tempêtes sur les biens, l’énergie (réseaux électriques détruits par exemple), les jours de travail perdus et même la criminalité dans les 50 États américains. Ces données ont été confrontées aux modèles climatiques prédisant une augmentation des jours de canicule, une fréquence accrue des tempêtes, etc., pour 2100.

Les résultats de l’étude démontrent que le réchauffement climatique provoque un transfert net de richesse du Sud, du Midwest et de la côte atlantique vers la côte nord-ouest du Pacifique, la région des Grands Lacs et la Nouvelle-Angleterre. “Dans certains comtés, les pertes peuvent dépasser 20% de leur produit intérieur brut, et beaucoup de ces pertes sont plus importantes dans des régions qui sont déjà les plus pauvres en moyenne ; aussi le changement climatique va tendre à augmenter des inégalités préexistantes au sein des États-Unis”, écrivent les auteurs.

[source : Science et Avenir]

le Sri Lanka envoie l’armée dans des zones à risque

Le Sri Lanka accélère sa lutte contre la dengue. Ce pays d’Asie du Sud a envoyé dimanche dernier des centaines de soldats pour erradiquer les zones de reproduction des moustiques. Depuis le début de l’année, le pays fait en effet face à une forte propagation de la dengue, qui a tué 215 personnes, soit plus du double que pour toute l’année 2016, selon des statistiques officielles.

dengue sri lanka

La prolifération de la maladie serait due à l’humidité de la mousson mais également aux montagnes d’ordures qui s’accumulent à Colombo.

« Vingt-cinq équipes vont se rendre dans les zones les plus touchées à Colombo et dans ses environs, et chercher les zones de prolifération de la dengue », a expliqué l’armée dans un communiqué.

L’immense décharge de Kolonnawa

Les autorités estiment que l’accumulation des déchets dans la capitale constitue le principal facteur de cette crise. Les eaux stagnantes engendrées par les inondations du mois dernier, causées par la mousson, sont également pointées du doigt pour le regain de cette maladie typique des zones tropicales.

71 000 personnes infectées au Sri Lanka

Durant les six premiers mois de 2017, la dengue a infecté 71 000 personnes dans cette île de l’océan Indien, contre 55 000 pour tout 2016.

La dengue est une maladie transmise par le moustique Aedes aegypti. Les symptômes sont une forte fièvre, des maux de tête, des courbatures, des nausées et des vomissements, et pour les cas les plus graves, des hémorragies et un état de choc chez les enfants.

Pour rappel, outre la dengue, ce moustique tigre peut également transmettre le virus Zika et le Chikungunya.

[sources : Pourquoi Docteur et Le Parisien avec l’AFP]

En Côte d’Ivoire, la lutte contre la dengue s’organise

Le premier cas de dengue était apparu à Abidjan fin avril 2017. Depuis, ce sont près d’une centaine d’autres ont été recensés. Cette grippe tropicale est transmise à l’homme par la piqûre du moustique tigre, autrement appelé Aedes Aegipti. Tout est aujourd’hui mis en œuvre pour limiter la propagation: surveillance épidémiologique et biologique, sensibilisation des populations, démoustication.

Dengue Cote d Ivoire demoustication

Certains endroits restent cependant difficiles d’accès aux agents et parfois ils ne peuvent pas pénétrer dans les maisons quand le mari est absent. Dans la majorité des cas, cette maladie virale aiguë entraîne une forte fièvre, des maux de tête, courbatures, fatigue et douleurs articulaires. Dans sa forme sévère cependant (saignements, douleurs abdominales, vomissements), elle peut provoquer jusqu’à la mort.

Selon l’institut Pasteur, «l’incidence de la dengue progresse de manière très importante. Elle est inscrite au rang des maladies dites ré-émergentes. L’OMS estime à 50 millions le nombre de cas annuels, dont 500.000 cas de dengue hémorragique qui sont mortels dans plus de 2,5% des cas. Deux milliards et demi de personnes vivent dans des zones à risque.»

[source : France Info TV]

Des moustiques tigres génétiquement modifiés en France ?

« C’est l’animal le plus dangereux pour l’humanité », prévient Pascal Boireau, vice-président du conseil scientifique du Haut Conseil des biotechnologies (HCB). Les maladies virales ou parasitaires (dengue, paludisme, fièvre jaune, zika, chikungunya, etc.) transmises par les moustiques sont en effet responsables de près d’un million de décès chaque année dans le monde.

« La France est très concernée en outre-mer mais aussi en métropole avec le développement du moustique tigre lié au réchauffement climatique », explique Christine Noiville, présidente du HCB. C’est la raison pour laquelle Ségolène Royal avait saisi cette instance en octobre 2015 afin de l’éclairer sur les avantages et inconvénients liés à l’utilisation de moustiques génétiquement modifiés pour lutter contre ces maladies.

Le Haut comité créé en 2008 suite au Grenelle de l’environnement a rendu son verdict mercredi 7 juin sous la forme d’un avis émis par son comité scientifique (CS) et d’une recommandation de son comité éthique, économique et social (CEES). Conclusions ? « Bâtir une stratégie de lutte anti-vectorielle sur les seuls moustiques génétiquement modifiés serait inapproprié. Mais s’interdire de les utiliser n’est pas souhaitable non plus », résume Christine Noiville à l’attention du gouvernement.

Le Haut Conseil des biotechnologies n’exclut donc pas le recours à des moustiques génétiquement modifiés
Le recours à des moustiques génétiquement modifiés ne doit pas être négligé pour lutter contre les moustiques vecteurs de maladies. Mais parmi d’autres solutions et après évaluation, affirme le HCB.

Nouvelles techniques basées sur des moustiques modifiés

Les vaccins sont en effet rares et les traitements peu efficaces contre les maladies transmises par les moustiques. La lutte antivectorielle, consistant à s’attaquer aux moustiques vecteurs, est donc essentielle. Plusieurs techniques de lutte sont possibles, dont des techniques classiques de type chimique, biologique, physique ou environnemental.

« La destruction des larves et des adultes s’appuie notamment sur des substances chimiques insecticides », affirmait Ségolène Royal dans sa lettre de saisine. Or, les molécules insecticides de synthèse sont sous le coup d’importantes restrictions d’utilisation, comme le malathion dont l’usage a cessé en Guyane suite à son classement comme cancérogène probable par le Centre international de recherche sur le cancer en mars 2015. Les moustiques développent par ailleurs une résistance aux insecticides. Ce qui pousse les autorités à se tourner vers d’autres stratégies de lutte.

Or, de nouvelles techniques basées sur des lâchers de moustiques modifiés ont émergé depuis quelques années. Les moustiques peuvent être modifiés génétiquement, comme ceux développés par la société britannique Oxitec qui a procédé à des essais au Brésil, au Panama, aux îles Caïman et en Malaisie. Mais des techniques ne faisant pas appel à une modification génétique existent aussi, telles qu’une irradiation rendant les moustiques stériles ou une transinfection par la bactérie Wolbachia qui présente des propriétés exploitables en lutte anti-vectorielle.

En complément d’autres techniques classiques

« Le recours à des moustiques modifiés apparaît être une stratégie à ne pas négliger », conclut le HCB. Les 3 techniques qui y font appel « pourraient être testées, de manière précautionneuse et étape par étape (…), selon les vecteurs considérés, en combinaison avec les techniques classiques actuellement utilisées dans le cadre d’une gestion intégrée », conclut le comité scientifique. Ce dernier met en avant l’avantage lié à une baisse de l’utilisation des insecticides qui seraient alors réservée aux cas d’urgence sanitaire.

L’efficacité de ces techniques n’est en revanche pas encore prouvée. « Une réduction de la population de moustiques est constatée, mais l’impact sur les épidémies reste à vérifier », prévient Christine Noiville. Dans son courrier de saisine, Ségolène Royal rappelait que le gouvernement de Malaisie avait abandonné l’idée de recourir aux moustiques génétiquement modifiés, jugée « peu efficace et trop coûteuse ».

« Ces solutions sont promues par les acteurs de la recherche, les start-up, les fondations, qui ne sont pas prêtes à s’insérer dans les dispositifs de lutte anti-vectorielle classiques », analyse également Claude Gilbert, président du comité économique, éthique et social, qui rappelle que les techniques classiques ont produit des résultats remarquables, notamment contre la paludisme.

Une évaluation extrêmement approfondie est nécessaire

Dans tous les cas, « l’utilisation de moustiques modifiés nécessitera une évaluation extrêmement approfondie et une information du public », ajoute Christine Noiville. Sur le premier point, le HCB affirme que les impacts environnementaux et sanitaires devraient être évalués préalablement aux lâchers, notamment en termes de modification de niches écologiques ou de remplacement de vecteurs. « Le recours à ces êtres vivants modifiés est (…) loin d’être anodin », juge en effet le comité économique, éthique et social.

« La perception des populations, les bouleversements des manières de vivre et de penser la relation au milieu vivant, etc., nécessitent d’associer la société civile aux processus de décision et de suivi, en tenant compte des perceptions culturelles propres à chaque territoire », avertit le HCB concernant l’information du public.

D’autres questions restent encore sans réponse. C’est le cas de la partie réglementaire. Jugé globalement adapté, des questions persistent toujours sur les techniques de forçage génétique, encore au stade de la recherche, ou la modification par Wolbachia dont la qualification OGM reste incertaine. « Sur ce dernier point, la Commission européenne n’a pas su répondre », révèle Christine Noiville.

[source : actu-environnement.com]