Appel à témoins – En une demi heure, j’ai été piquée 20 fois !

Un cauchemar dans le Lot-et-Garonne

De nombreux Lot-et-Garonnais one envoyé des témoignages alarmants cet été. Tous assurent vivent un « cauchemar », voire un « enfer ».

Cet été 2017, les soirées sur les terrasses ou en bord de jardin ont été cauchemardesques dans le sud-ouest, de l’aveu même de nombreux internautes qui ont contacté le journal Sud Ouest à la suite d’un appel à témoin.

pique moustique tigre enfants demangeaisons

L’ensemble du Lot-et-Garonne concerné

Tout le Lot-et-Garonne est concerné. Observé pour la première fois en 2012, le moustique tigre a depuis colonisé l’ensemble du territoire. Les messages arrivent de partout : de l’Agenais bien sûr – et particulièrement à Foulayronnes -, de Tonneins, du Villeneuvois mais aussi dans le Marmandais. personne ne sait comment s’y prendre : « On a beau mettre insecticide ou d’autres produits, on remarque qu’ils restent insensibles. Impossible d’ouvrir les baies vitrées ou de dormir avec les fenêtres ouvertes. Je me ruine en produits vendus en pharmacie, et rien n’y fait. C’est un fléau ! ».
piqures moustiques tigres enfants démangeaisons

Un habitant de Seyche témoigne
« Nous ne pouvons plus sortir de chez nous sans être piqué. On ne peut même plus aérer nos maisons. Nous vivons un enfer ! »

A Estillac, les habitants n’en peuvent plus. Une femme témoigne : « Impossible de manger, de jouer dehors ou de profiter de nos piscines malgré les produits. L’été arrive à sa fin et nous l’aurons passé enfermé dans nos maisons. C’est de pire en pire chaque année… et cela influe sur notre moral. »
« La moindre piqûre est un calvaire »

Ce qui revient le plus fréquemment dans les témoignages reçus, c’est la voracité de ces insectes. « Hier, en l’espace de 30 minutes au jardin, et malgré les sprays sur tout le corps, ma fille est revenue avec une dizaine de piqûres ». Même constat ici : « Ras le bol ! Ce midi, j’ai étendu mon linge et je suis ressortie avec 12 piqûres ». Il existe aussi des cas plus graves. Exemple avec une personne devenue allergique : « La moindre piqûre est un calvaire, j’ai un traitement durant trois mois et des crèmes à base de cortisone pour surmonter la douleur. Une simple piqûre devient énorme, gonfle et s’étale en quelques secondes ! »

Ces attaques – et les démangeaisons qui s’en suivent – posent une autre question… que ne manquent pas de relever les internautes. Ainsi Marie-Laure Cuzzini, habituée du problème pour avoir vécu en Guyane, ne décolère pas :

« Que fait l’Etat pour protéger sa population ? On attend qu’il y ait des cas de dengue, de zika ou de palu qui se multiplient pour qu’on réagisse ? »

Un autre habitant propose son explication : « Les campagnes de démoustication ne sont autorisés que pendant la nuit, mais le moustique tigre a surtout une activité diurne (du lever au coucher du soleil. Qui plus est, l’insecte a une capacité à résister, au fil du temps, aux insecticides. Si les communes réalisent une campagne de démoustication à grande échelle chaque année, alors les matières actives deviendront de moins en moins efficaces contre le nuisible ».
[NDLR : les campagnes de démoustications sont censées prendre en compte cette caractéristique, et donc viser les lieux où le moustique tigre se réfugie pendant la nuit, à savoir les haies, buissons, ou petits recoins à l’abri du vent et de la fraîcheur]

« Je retire l’eau stagnante mais rien n’y fait »

Les campagnes de sensibilisation qui ont lieu chaque année dans le département invitent à éviter de laisser traîner toute réserve d’eau. Seau, bassine, piscine mal entretenue et même la moindre flaque fera le bonheur du moustique tigre. Dans un article publié sur notre site Internet, on apprenait ainsi que le nuisible peut pondre jusqu’à 2000 œufs dans un réceptacle de 5 cm de côté et de 2 cm de hauteur.

Pourtant les internautes jurent vider tout ce qui est possible de vider dans un jardin. Une habitante d’Estillac le confirme : « Nous avons suivi toutes les recommandations : taille des arbres, éviter les eaux stagnantes… rien n’y fait ! » Dimitri Deshayes, vit à Foulayronnes, s’en étonne également : « Je n’ai pas de plan d’eau, ni d’eau stagnante à proximité et nous sommes pourtant envahis par ce moustique très vorace ! Que cela soit le soir, le midi ou le matin, dès que nous sommes dehors, on se fait attaquer même en utilisant des répulsifs. J’ai un chat qui se fait également attaqué, il est couvert de petites piqûres et de croûtes. »

« J’utilise une combinaison de travail pour aller au potager »

Pour se protéger, chacun a sa solution. Certains déploient les grands moyens, comme par exemple de ce jeune couple originaire de Pont-du-Casse. « Depuis le mois d’avril, nous ne pouvons absolument plus jardiner notre potager, manger dehors, étendre le linge dehors, être sur notre terrasse, être dehors, vivre dehors. Mon conjoint est resté 10 minutes dans le potager avec des répulsifs sur lui et ses vêtements et nous avons comptabilisé 42 piqûres. Maintenant, il utilise une combinaison de travail en tissu pour se rendre dans notre potager. » Et de conclure :

« Nous avons essayé de traiter deux fois autour de notre maison (pulvérisation de deltamethrine sur nos façades, sols, haies, contour parcelle du terrain, massifs de cailloux) et avons constaté une légère amélioration… qui n’a duré que trois jours. »

D’autres internautes se tournent vers les produits proposés par les grandes surfaces et les pharmacies. Là encore, les avis sont majoritairement négatifs. Une Villeneuvoise indique : « Malgré l’achat de bombes de toutes sortes et de remèdes naturels, rien n’y fait. C’est tout simplement un cauchemar ».

Un cauchemar auquel il faudra s’habituer. A ce jour, en effet, il n’existerait aucune solution d’envergure pour éradiquer la présence du moustique tigre. « Le moustique tigre s’est adapté au XXIe siècle. Les autres moustiques se développent dans des zones marécageuses où la fumigation a un double intérêt puisqu’elle détruit les adultes, mais également les œufs et les larves au moyen de larvicides. Le moustique tigre, lui, grâce à sa stratégie opérationnelle et sa plasticité se reproduit dans l’habitat urbain », prévient Florence Chemin, responsable pour le compte de l’Agence régionale de santé (ARS).

[source : sudouest.fr]

La démoustication n’aurait des effets que sur 2 jours

Une résidente de Blagnac témoigne

Son témoignage est très parlant « Nous avons vu la différence dans les deux jours qui ont suivi l’opération de démoustication. Il y avait moins de moustiques mais avec les chaleurs qui ont suivi, ils sont vite revenus ».
À cette date, elle avait suivi à la lettre les recommandations de l’Agence régionale de santé concernant la démoustication et avait protégé son point d’eau avec ses poissons d’une bâche.
Les repas sur sa terrasse sont en revanche devenus exceptionnels. « J’ai eu de la famille à la maison, mais ils sont repartis avec plein de boutons de moustiques », précise-t-elle. Et pourtant, l’opération de démoustication avait déjà été réalisée.

demoustication

Un peu plus loin dans la rue, une autre personne témoigne. « je n’ai pas été énormément impacté par cette présence de moustiques puisque j’habite au second étage ».
Pour d’autres riverains «Ce sont des moustiques-tigres, cette année, ils prolifèrent et sont particulièrement agressifs, il faut démoustiquer partout».

Selon ces personnes, il faut revenir aux méthodes d’avant. « On voit bien au fur et à mesure des années qu’ils sont de plus en plus nombreux donc autant revenir à la traditionnelle moustiquaire et apprendre à cohabiter », relativise l’habitante de la rue de Fonsorbes.

Jean-François a opté lui pour la spirale d’encens à base de citronnelle pour pouvoir manger dehors le soir. « Cela ne fonctionne pas à la perfection mais ça permet de profiter un minimum de son jardin », confie-t-il. Avec les températures plus fraîches, le soir, les moustiques se font plus rares facilitant la cohabitation avec les riverains.

[source : ladepeche.fr]

Les pharmacies dévalisées en produits anti-moustiques

Une pharmacienne témoigne

«Actuellement je suis en rupture de stock, je n’ai plus rien à l’exception d’huile essentielle : c’est la première fois que je suis ainsi dévalisée en 10 années», indique une des pharmaciennes de la ville sous-préfecture contrainte de faire un réassort en pleine rentrée. Même constat à la pharmacie Centrale qui s’est rendue compte de l’importance de cette demande. Ils avaient anticipé les réassorts durant tout l’été. «Tous les dix jours, j’ai fait un point pour réapprovisionner nos stocks», certifie-t-elle. Elle atteste ainsi avoir vendu dix fois plus de produits anti-moustique que la saison dernière. Même constat, chez Bertrand Montet, à la pharmacie des Allées, à Valence-d’Agen. «Je viens de faire un nouveau réassort pas plus tard que ce matin : ce sont des ventes exceptionnelles. une hausse de 50 % a été enregistrée, tous produits confondus par rapport à l’été dernier», confirme le praticien qui ne cachait pas que ces achats avaient boosté son chiffre d’affaires.
«Habituellement, l’unique commande de la saison suffit à passer l’été»

Même constat sur quatre départements limitrophes de l’Aquitaine et de l’Occitanie qui n’a pas échappé à la responsable commerciale du laboratoire Merck, celle-ci approvisionnant les pharmacies de ce secteur. «Ces ventes hors normes se concentrent essentiellement sur le Lot-et-Garonne (où la présence du premier cas de moustique tigre en France a été détectée en 2012, N.D.L.R.), le Tarn-et-Garonne, le Gers et la Haute-Garonne. On n’a rien par exemple dans le Lot alors même que cet insecte résiste au manque d’eau», indique la commerciale qui atteste une progression spectaculaire de + 50 % des ventes de son laboratoire. «Des réassorts en plein mois août et en septembre pour ce type de produits, cela n’arrive jamais. Normalement l’unique commande de la saison suffit à passer l’été. Là, je reçois encore des commandes de gels apaisants antimoustiques…»
Un moustique résistant aux insecticides

Un moustique d’origine tropicale qui a également la particularité à la différence de nos espèces indigènes, de «piquer toute la journée, pas que la nuit, surtout au lever et au coucher du soleil». Des piqûres également plus urticantes pouvant conduire à des réactions dans certains cas. «Ce qui nous a particulièrement choqués, ce sont les réactions violentes aux piqûres. Nous avons envoyé au moins deux personnes aux urgences cet été», témoigne le gérant de la pharmacie Lignières, à Montauban.

Pire encore, rien ne semble pouvoir limiter la prolifération de ce moustique. Un constat confirmé par l’Agence régionale de la santé (ARS) qui va jusqu’à déconseiller les campagnes de «démoustication intempestives.» L’établissement du ministère de la Santé assure que «l’utilisation répétée d’insecticides provoque l’immunisation du moustique aux produits utilisés» et par voie de conséquence «leur inefficacité à court terme», sans compter les effets néfastes sur l’environnement et la population.

Si les pharmaciens se frottent les mains de cette manne commerciale exceptionnelle, les Tarn-et-Garonnais dont l’été a été en partie gâché, ne se privent pas de râler contre les pouvoirs publics, et à manifester ce mécontentement sur les réseaux sociaux (notre encadré). D’autant que les piqûres et démangeaisons ne sont rien face aux maladies graves telles que la dengue que le moustique tigre peut transmettre à l’Homme. Des infections encore rares en métropole : quatre cas ont toutefois été recensés il y a trois semaines seulement à Blagnac, Toulouse et Balma.

Le pic de prolifération en voie d’être passé, il faudra toutefois attendre les premières gelées de l’automne neutralisant les larves, pour espérer ne plus être dévoré, et pouvoir même si le climat est moins propice aux grillades, enfin profiter de son balcon ou jardin…
«J’ai passé l’été calfeutrée chez moi»

Le long du Tarn et de la Garonne, et du canal, les témoignages, les coups de gueule des Tarn-et-Garonnais pour expliquer leur été en compagnie du moustique tigre, sont innombrables.«On n’a pas pu passer cet été une seule soirée sur notre terrasse pour dîner : à chaque fois nous avons été mitraillés par les moustiques», assure une Valencienne qui a eu beau allumer ses bougies à la citronnelle et se badigeonner de produits répulsifs. «Rien n’y a fait. Pire encore, il a fallu conserver les fenêtres et portes fermées, en maintenant la nuit les appareils antimoustiques pour ne pas être piqués. J’ai passé l’été calfeutrée chez moi !»

Constat identique à Castelsarrasin où Rose et sa petite-fille ont encore un mauvais souvenir de leur brève cueillette dans le jardin familial. «En seulement dix minutes, on n’a rien compris, nous avons été bombardées par des dizaines de moustiques. Ma petite fille avait des cloques rougeâtres sur tout le corps», certifie la septuagénaire. «Le jardin est infesté, je suis obligée de mettre des gants et des chaussettes pour ramasser mes haricots et tomates». À quelques kilomètres de là, Jean-Jacques, un chasseur, n’est également pas en reste contre ce fléau de l’été. «C’est impossible de chasser sans se faire piquer ou avaler des quantités de bestioles : moucherons et moustiques. J’ai croisé, je n’avais jamais vu cela, des chasseurs qui étaient équipés comme les apiculteurs avec des moustiquaires sur le visage !», certifie le sexagénaire. Interpellant le préfet sur notre compte Facebook, Raphaël évoque même un problème de santé public : «Là, ça devient une question de santé publique. Impossible de sortir dans son jardin ou terrasse que ce soit à Moissac, Valence-d’Agen, Pommevic et j’en passe…»

[source : ladepeche.fr]

64 cas de chikungunya dans la région de Rome en Italie

Près de 10 ans après une flambée épidémique qui avait touché près de 250 personnes dans le nord-est du pays, l’Italie semble de nouveau être la proie du chikungunya. Soixante-quatre cas ont en effet été recensés dans la région de Rome, dont sept dans la capitale.

La plupart des personnes infectées résident ou ont séjourné à Anzio, une station balnéaire proche de la capitale italienne. Le ministère de la Santé réagit.

chikungunya Italie Rome

La source de l’épidémie

L’épidémie semble s’être propagée depuis la station balnéaire d’Anzio, située à quelques dizaines de kilomètres de Rome. Sur les 64 cas, 54 concernent des personnes qui y ont séjourné au cours des deux dernières semaines, ou qui y résident.

Des mesures réactives

La Région du Latium appelle les municipalités concernées à intensifier leur action contre les vecteurs et, dans ce but, elle a convoqué les représentants de Rome Capitale et d’autres administrations de Latina de d’Anzio afin de vérifier l’efficacité de la démoustication mise en place jusqu’à présent », explique la Région du Latium – région de Rome – dans un communiqué.

La ministre de la Santé se dit inquiète, estimant que les autorités sanitaires de la capitale « ont trop attendu ». « L’alerte a été donnée le 7 septembre dernier, et il aurait fallu agir plus tôt », a-t-elle regretté.

Eliminer les gîtes larvaires

En plus des campagnes de démoustication, le ministère tente de rallier la population romaine à la cause, en demandant aux habitants d’éliminer tout nid potentiel pour les œufs de moustique, les eaux stagnantes autour des plantes en particulier. Le moustique tigre, vecteur de la maladie, est désormais bien installé dans le bassin méditerranéen, en raison du réchauffement climatique, et le risque de transmission est généralisé à toute la région.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) n’exclut pas une propagation à d’autres régions italiennes. La Lombardie serait déjà touchée. L’OMS s’attend à de nouveaux cas dans les jours à venir, notamment dans cette zone encore très fréquentée par les touristes en septembre. Elle les invite à porter des vêtements longs et à utiliser des répulsifs.

Des conséquences sur les dons de sang

Plus inquiétant à court terme, le réseau de don du sang est également perturbé. De peur d’avoir affaire à des poches contaminées, les banques de sang ont pris des mesures de précaution. Les dons ont été suspendus pour un mois dans le sud-est de la capitale et à Anzio, et ceux déjà réalisés sont mis en quarantaine. La ville de Florence et la vallée d’Aoste sont déjà venues au secours de la capitale, en envoyant des poches de sang.

[source : pourquoidocteur.fr]

Le moustique persiste à la Seine-sur-Mer

Il semble que la baisse récente des températures n’ait pas d’impact sur la vitalité du moustique tigre à la Seine-sur-Mer, d’autant que les pluies d’arrière saison vont très prochainement générer une prolifération de spécimens adultes.
IL est donc essentiel de ne pas baisser « la garde » et de contrer la multiplication du tigre par le maintien de mesures appropriées maintes fois communiquées.

La Conseil Départemental rappelle donc la problématique liée au moustique tigre et à son environnement pendant cette période de forte prolifération. Il ne faut pas oublier que la période d’activité du moustique tigre s’étend généralement du 1er mai à fin novembre.

La multitude des lieux de ponte qui existent dans notre environnement proche (vases, seaux, fûts, gouttières, etc.) fait de chacun de nous le premier acteur de la lutte contre la prolifération de ce moustique.

Le conseil départemental du Var rappelle que des gestes à la fois simples, économiques et efficaces peuvent être mis en œuvre :
– Répandre du sable dans les coupelles de pots de fleurs. Cela permet d’éviter l’eau stagnante.
– Fermer hermétiquement avec de la toile moustiquaire les collecteurs d’eau empêchant ainsi les femelles de venir y pondre leurs œufs.
– Vérifier l’écoulement des eaux de gouttières.
– Vider tout objet dépourvu de système d’évacuation qui pourrait retenir l’eau.

Les enquêtes révèlent que 80% des gîtes larvaires (lieux de ponte) viennent du domicile privé. Le Conseil départemental du Var insiste sur l’importance de la mise en œuvre d’actions individuelles et collectives, pérennes pour contrer la reproduction d’un insecte potentiellement dangereux.

[source : La-seine.fr]

Pourquoi le moustique tigre pique-t-il plusieurs fois ?

Vos avez certainement remarqué lors d’un repas à l’extérieur ou un apéritif, que les piqures de moustiques tigres sont nombreuses, même si parfois il n’y a qu’un seul ou deux moustiques qui tourent autour de vos chevilles.

Cela s’explique par le fait que la femelle (qui est la seule à piquer) peut avoir ce que l’on appelle des repas interrompus. Alors que d’autres espèces sont obligées de pomper en une seule fois, jusqu’à la fin, elle peut s’interrompre et revenir vous piquer plus tard ». C’est ce que nous explique l’experte Anna-Bella Failloux, chercheuse à l’institut Pasteur.

De ce fait, si un moustique femelle essaie de vous piquer et que vous bougez, elle peut être amenée à faire une pause dans son repas, et revenir terminer quelques secondes plus tard, à un autre endroit, et ceci plusieurs fois de suite.

piqures moustique tigre

La haute Garonne déclare l’Année du moustique tigre

Plusieurs opérations de démoustication ont eu lieu cet été 2017 autour de Toulouse, où le moustique tigre est de plus en plus présent. Les habitants sont exaspérés.

moustique tigre

Ennemi numéro 1

C’est l’ennemi numéro un de l’été dans la région toulousaine. Le moustique tigre n’attaque pas la nuit comme ses congénères les moustiques communs autochtones, mais préfère le jour, de préférence en début de matinée ou en fin d’après-midi, et s’en prend principalement à l’être humain. Agressif, il n’hésite pas à revenir à la charge, recouvrant les chevilles ou poignets de boutons.

« Le moindre barbecue, c’est l’assurance de se faire dévorer », expliquait mi-juillet un habitant de la ville rose à France 3 Occitanie. « Vous ne pouvez pas passer un moment à l’extérieur », s’est plaint un autre, les jambes couvertes de traces rouges, devant les caméras de la chaîne régionale. Un troisième a dû faire hospitaliser son fils de 18 mois, piqué au visage et atteint d’une cellulite infectieuse. A tel point que les rayons de produits répulsifs sont dévalisés et que le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, a dû s’expliquer publiquement sur la prolifération de l’insecte dans sa commune.

Toulouse n’est pas la seule ville envahie. « Cette présence concerne toute l’agglomération, commente-t-on à la mairie de Blagnac, où une opération de démoustication a été menée le 11 août après la découverte d’un cas de dengue. 2017 est pour nous l’année du moustique tigre, avec des conditions climatiques favorables : il a fait très chaud et il y a eu beaucoup de pluie, ces petites bêtes ont trouvé plein d’endroits pour se reproduire. » Pour Nicolas Sauthier, de l’Agence régionale de santé (ARS Occitanie), c’est la suite logique de l’arrivée de l’animal dans le département en 2012 : « Son territoire ne fait que s’agrandir et il est de plus en plus présent. »

La population l’a également remarqué. « Il y a beaucoup de signalements qui nous arrivent de ce département via le site signalement-moustique.fr », constate Jean-Baptiste Ferré, entomologiste à l’EID Méditerranée, l’opérateur public de démoustication qui intervient sur le littoral méditerranéen et en Occitanie. De petite taille, l’insecte est aisément reconnaissable grâce aux rayures blanches qu’il présente sur les pattes.

Le moustique tigre, une espèce « très invasive »

Cette progression dans toute la France n’est pas étonnante. Le moustique tigre, autrement appelé Aedes albopictus, est « une espèce très invasive », explique Anna-Bella Failloux, directrice de recherche à l’institut Pasteur. « Il utilise les transports humains pour étendre son aire de distribution », poursuit cette spécialiste des moustiques. Venu des forêts du sud-est asiatique, il a colonisé les Etats-Unis puis l’Europe, via notamment le transport de pneus, où il aime pondre ses œufs. Il s’est posé en France en 2004, via l’Italie, et s’est installé dans 33 départements, selon le dernier recensement du ministère de la Santé. Ni l’hiver, ni la canicule, ni l’homme ne peuvent freiner sa progression. « L’œuf d’albopictus est difficile à tuer, avec sa coque imperméable qui le protège des basses températures, de la sécheresse et des insecticides », rappelle la chercheuse.

« S’il s’installe quelque part, c’est quasiment fichu. »
Anna-Bella Failloux, chercheuse à l’institut Pasteur

Alors que ses congénères européens préfèrent généralement l’humidité des marais, le moustique tigre vit principalement en milieu urbain. « On le retrouve en ville où il n’y avait pas de moustiques, dans les soucoupes des pots de fleurs, dans les arrosoirs, les citernes, le mobilier urbain, les bornes de chantiers, les regards d’eau pluviale ou télécoms », là où l’eau stagne, énumère Jean-Baptiste Ferré, de l’EID. « Même des bouchons de bouteilles d’eau tombés par terre suffisent pour qu’il prolifère », constate Lydie Rasolofo, directrice adjointe du Laboratoire 31, un service d’expertise départemental qui s’occupe de la question.

Un insecte qui peut propager plusieurs virus

Invasif mais également urbain, il est « anthropophile », habitué à l’homme, et très agressif. « La femelle (qui est la seule à piquer) peut avoir ce que l’on appelle des repas interrompus. Alors que d’autres espèces sont obligées de pomper jusqu’à la fin, elle peut s’interrompre et revenir vous piquer plus tard », explique Anna-Bella Failloux. Si vous en avez déjà été victime, vous avez peut-être constaté que sa piqûre était bien plus désagréable – démangeaison très forte, gros bouton – que celle d’un moustique classique. Une différence qui s’explique par la composition différente de sa salive. « Au début, il y a une forte réaction allergique. Mais, avec le temps, les gens sont moins sensibles », constate Jean-Baptiste Ferré.

Le danger du moustique tigre vient en fait d’une autre de ses caractéristiques. Il peut en effet transmettre les virus de la dengue, du chikungunya et le virus Zika. C’est d’ailleurs la présence de l’une de ces maladies dans un quartier qui entraîne des opérations de démoustication. « Il y a un principe de précaution. Pulvériser nos produits n’est jamais anodin. Cela tue aussi les autres insectes et cela peut provoquer un phénomène de résistance chez le moustique », justifie Jean-Baptiste Ferré.

« Nous ne faisons pas de démoustication de confort. Ce n’est pas parce qu’il y a nuisance que c’est dangereux ».
Lydie Rasolofo, directrice adjointe du Laboratoire 31

En Haute-Garonne, deux cas de dengue importés ont été constatés début août et ont entraîné quatre opérations de démoustication, à Balma, Blagnac et Toulouse. La maladie a été attrapée par les malades lors d’un séjour à l’étranger. Mais des moustiques tigres locaux pourraient très bien se charger de la faire circuler et provoquer l’apparition de cas autochtones, contractés dans l’Hexagone, comme ces deux malades atteints du chikungunya détectés dans le Var mi-août. Vendredi 18 août, une autre opération de démoustication est prévue à Colomiers, après un autre cas suspect.
« En métropole, le moustique tigre est sain »

Les autorités ont cependant un discours rassurant. « En France métropolitaine, le moustique tigre est sain. Qu’il y en ait beaucoup ou pas beaucoup ne change rien, si ce n’est la nuisance », tempère ainsi Nicolas Sauthier, en précisant qu’il y a eu huit opérations de démoustication l’an passé dans le département. En intervenant à chaque fois qu’un malade est repéré, via son médecin traitant, dans une zone où Aedes albopictus est présent, l’ARS permet d’éviter le déclenchement d’une épidémie, comme en Italie en 2007, où un cas importé de chikungunya avait entraîné la contamination de 214 personnes. Depuis l’arrivée du moustique tigre, la Haute-Garonne n’a connu aucun cas autochtone de maladie. « Aujourd’hui, il n’y a pas d’épidémie en France. Mais cela peut changer très vite », avertit toutefois Anna-Bella Failloux, de l’institut Pasteur, en soulignant la capacité d’adaptation des virus.

Pour se prémunir d’éventuelles épidémies, les chercheurs tentent de créer des moustiques tigres transgéniques, capables d’empêcher le développement des virus. Mais, en attendant que ces techniques génétiques soient fiables, les autorités en appellent à la vigilance citoyenne. La mairie de Toulouse a édité une plaquette pour demander aux habitants de faire la chasse aux eaux stagnantes. « Ce moustique a un petit périmètre d’action [150-200 m autour de l’endroit où il est né]. Si vous en avez chez vous, c’est soit de votre faute, soit de celle de vos voisins », résume Nicolas Sauthier.

Outre le recours aux répulsifs individuels, le responsable du pôle de gestion des alertes sanitaires de l’ARS recommande d’utiliser un ventilateur pour éloigner l’animal, « le meilleur moyen d’éviter les piqûres ». Il appelle également la population à s’habituer à la présence du moustique tigre : « C’est un moustique qui ne peut pas être éradiqué. Ce n’est pas pour rien qu’il a colonisé la moitié de la planète en vingt ans. »

[source : France TV Info]

Pourquoi la piqure du moustique tigre démange plus que celle du moustique commun ?

Beaucoup d’internautes nous signalent que les piqures de moustiques tigres grattent plus que les piqures des moustiques communs.

Les démangeaisons arrivent quelques secondes après la piqure, et peuvent subsister pendant plusieurs heures, voire se manifester à nouveau pendant plusieurs jours, après une douche ou un effort physique par exemple.

Cela s’explique par la composition de sa salive, qui est différente de celle du moustique commun. Lorsque le moustique pique, il injecte une substance qui anesthésie, afin de pouvoir faire sa petite affaire tranquillement. C’est cette salive qui peut provoquer une réaction allergique, avec de gros boutons et des démangeaisons importantes.

A noter que la réaction allergique est généralement plus importante lors des premières piqures et s’amoindrit à la longue, même s’il existe des cas d’allergies plus importantes.

Un risque d’épidémie de chikungunya pour 30 départements

Deux personnes ont récemment contracté le virus du chikungunya dans le Var. L’Institut Pasteur estime que 30 départements français réunissent toutes les conditions nécessaires à la propagation du virus et pourraient donc bientôt être touchés par l’épidémie.

Image d’illustration

Le virus du chinkungunya fait son retour sur le territoire français. En quelques jours, deux cas autochtones ont été confirmés dans une petite ville du Var, au Cannet-des-Maures, près de Draguignan. Une troisième personne, le mari d’une des deux victimes, pourrait également avoir contracté le même virus. L’agence régionale de santé (ARS) de Provence-Alpes-Côte d’Azur attend les résultats de la prise de sang pour confirmer cette troisième contamination. Face à ces cas autochtones (contraction du virus sur le territoire français), le département du Var a été placé en niveau 4 du plan de lutte contre le moustique tigre, principal vecteur de l’épidémie (voir le détail des différents niveaux ici : Niveaux d’alerte moustique tigre. Pour se prémunir contre les risques de propagation du virus, les lieux fréquentés par les personnes atteintes ont été désinsectisés.

« En France, il a actuellement 30 départements qui rassemblent toutes les conditions propices à l’émergence du chikungunya ».
Institut Pasteur

Une tendance inquiétante qui s’expliquent principalement par trois facteurs observés dans les 30 départements en question :

  • La présence du moustique vecteur dans la région.
  • La température et l’humidité favorables à l’éclosion des œufs.
  • De nombreux voyageurs revenant de pays où le virus du chikungunya circule (principalement en Asie du Sud, en Afrique et dans les Antilles).

C’est la combinaison de ces trois facteurs qui constitue le risque de propagation du virus à l’échelle nationale. Jusqu’à aujourd’hui, les foyers isolés ont pu être contenus grâce à une démoustication rapide autour du foyer et autour des lieux fréquentés par ces personnes. Cette stratégie s’est donc avérée payante, mais ne pourrait pas être appliquée si l’épidémie n’était pas repérée à temps. Les moustiques, présents dans ces 30 départements, se chargeraient de transmettre le virus plus vite que l’EID n’est capable de démoustiquer. C’est un scénario pessimiste mais cependant possible.

Image d’illustration

L’Institut Pasteur rappelle que le chikungunya entraîne « des atteintes articulaires, souvent très invalidantes, concernant principalement les […] poignets, doigts, chevilles, pieds mais aussi les genoux et plus rarement, les hanches ou les épaules. » À cela s’ajoutent souvent « des maux de tête, accompagnés de fièvre, des douleurs musculaires importantes, une éruption cutanée au niveau du tronc et des membres, une inflammation d’un ou plusieurs ganglion(s) lymphatiques cervicaux ou encore une conjonctivite. »

[source : Femme Actuelle et compléments moustique-tigre.info]

Bilan après une démoustication

Suite à une opération de démoustication vendredi dernier à Colomiers, des reporters de France 3 sont retournés voir les habitants pour connaitre l’efficacité de ce genre d’opération de grande ampleur.

Opération de démoustication à Colomiers

L’opération de démoustication Chemin de Gramont à Colomiers visait un foyer de moustiques tigres suite à un cas suspect signalé de dengue. Dans ce quartier, les habitants se plaignaient qu’ils ne pouvaient plus manger dehors sur leur terrasse, profiter de leur jardin ou même laisser les enfants jouer dehors sans se faire piquer par des dizaines de moustiques tigres.

A la demande de l’ARS et du Conseil Départemental de la Haute-Garonne, une entreprise a donc traité avec un insecticide ciblé vendredi dernier entre 5 heures et 7 heures du matin.
L’opération consistait à pulvériser un insecticide sur la voie publique depuis un véhicule 4X4. Les produits utilisés sont à base de pyréthrinoïde ou de pyréthrines naturelles. Se sont les mêmes matières que l’ont retrouve dans les produits antimoustiques domestiques.

Les habitants ont été prévenus quelques jours avant par un courrier dans leur boîte aux lettres. Il était conseillé de fermer les fenêtres, ne pas sortir, rentrer le linge, les jouets pour enfants, éloigner les animaux et attenre 3 jours après le traitement pour consommer légumes et fruits du potager.

Après deux jours, le reporters de France 3 sont allés demander aux habitants s’ils voyaient la différence. Les avis sont partagés comme on peut le voir sur le reportage ci-dessous: certaines personnes se disent satisfaits, ils peuvent enfin sortir dans leur jardin sans se faire « attaquer » par des moustiques tigres. D’autres semblent, en revanche, déçus. Pour eux, l’opération n’aurait servi à rien puisqu’ils ont aperçu des moustiques tigres depuis…..

A voir également le reportage complet de France 3 Occitanie :


Opération démoustication à Colomiers

[source : france3-regions.fr]