Pas de moustique tigre dans les ouvrages de gestion alternative de l’eau de pluie

Le moustique tigre n’est pas retrouvé dans les ouvrages de gestion alternative de l’eau de pluie

Une campagne de suivi des moustiques tigre a été initiée par Observatoire de terrain en hydrologie urbaine, dans des ouvrages de gestion alternative de l’eau de pluie comme les bassins de rétention et/ou d’infiltration. Précisions de Laëtitia Bacot, secrétaire générale de l’Observatoire.

La conclusion de Laëtitia Bacot, Secrétaire générale de l’Othu et chargée d’animation régionale pour le Graie est a priori rassurante : “ Le moustique tigre n’est pas retrouvé dans les ouvrages de gestion alternative de l’eau de pluie ”

Pourquoi avoir initié cette surveillance spécifique ?

Laëtitia Bacot : Plusieurs collectivités ainsi que le service exploitation du Grand Lyon, nous ont signalé qu’ils recevaient beaucoup de plaintes de particuliers habitant près d’ouvrages de ce type. Ils craignaient que ces lieux soient propices au développement spécifique du moustique. A Grenoble, en outre, certains aménagements avec ces techniques alternatives ont été ralentis par crainte de ce risque. Nous avons aussi été sollicités par le CGEDD sur cette problématique.

Un de nos objectifs au sein de l’Othu est d’acquérir de nouvelles connaissances en matière de gestion des eaux pluviales notamment pour l’aide à la décision des collectivités. Nous avons donc initié ce suivi de concert avec le Grand Lyon et constitué un groupe de travail élargi avec l’Agence régionale de santé (ARS) Auvergne Rhône-Alpes, l’Entente interdépartementale de démoustication (EID) Rhône-Alpes et le Centre national d’expertise sur les vecteurs (CNEV).

Quels sont les ouvrages que vous avez sélectionnés et quelle approche avez-vous suivi ?

Une analyse de la bibliographie a été menée avant de lancer les premières campagnes. Il a été constaté que des suivis sur une période longue, sur plusieurs ouvrages n’existaient pas dans la littérature même à l’international. Le CNEV et EID nous ont donc orientés pour notre sélection vers les ouvrages les plus exposés. une quinzaine de bassins de rétention et/ou d’infiltration et deux toitures végétalisées ont été échantillonnés une fois par mois de mai à novembre 2016. Notre échantillon comprend treize bassins à l’air libre et deux enterrés. Nous avons choisi des sites que nous suivions depuis longtemps au sein de l’Othu. Notre panel présente également des ouvrages en zone urbaine et péri-urbaine plus ou moins dense. Nous avons également essayé d’échantillonner des noues et des tranchées … Mais nous n’avons pas pu échantillonner de larves sur ces ouvrages du fait de la non présence d’eau libre dans ces ouvrages.

Quels sont les résultats que vous avez obtenus ?

Les résultats sont rassurants : le moustique tigre – Aedes albopictus – n’a pas été retrouvé sur ces sites. Nous avons pu démontrer qu’il se développait dans des zones où il y avait une présence d’eau stagnante supérieure à un centimètre pendant cinq jours. Hormis les moustiques tigre, nous avons collecté quatre espèces de moustiques fréquemment rencontrées en zone urbaine : le moustique commun (Culex pipiens), Anopheles maculipennis et deux espèces qui ne piquent pas les mammifères (Culex hortensis hortensis et Culiseta longiareolata).

Comment expliquer cette différence de présence entre les moustiques tigre et les quatre autres espèces ?

Le moustique tigre est celui qui a le développement le plus rapide parmi les espèces retrouvées. Ces dernières montrent également une grande variabilité interspécifique pour le choix des habitats de ponte et de développement larvaire. Certaines espèces ont ainsi des préférences marquées pour certains habitats. Par exemple, les larves de Cx. hortensis hortensis sont majoritairement trouvées dans les habitats à berges et fonds bétonnés, tels que les bacs de décantation. Le moustique tigre préfère largement les très petites réserves d’eaux stagnantes – comme les soucoupes sous les plantes -. Les zones de plus grande ampleur comme les bacs de décantation sont donc peu propices.

Des moustiques tigre auraient été retrouvés dans des avaloirs d’eau de pluie dans votre étude ?

Nous devons encore confirmer ces données. Dès que les données sont fiabilisées, nous les porterons à connaissance et publierons ces résultats. Une rétention d’eau stagnante supérieure à cinq jours peut constituer un potentiel foyer de développement pour les moustiques. Ainsi, certains avaloirs avec lame d’eau permanente pourraient peut-être être des lieux de développement de moustiques.

Le CNEV a par ailleurs mené une étude sur le bâti et la présence de moustiques. Il a constaté que l’une des zones importantes de développement est les coffrets électriques enterrés, étanches et jamais ouverts.

Quelle sera la suite de ce projet ?

Cet été, nous allons rédiger une synthèse à l’attention des opérationnels. Dans un second temps, nous souhaitons acquérir des chroniques sur le long terme et relancer de nouvelles campagnes. Nous pourrions échantillonner davantage de toitures végétalisées – même si nous n’avons pas retrouvé de moustique tigre dans ces ouvrages.

Nous allons par ailleurs nous synchroniser avec le groupe de travail pluvial du Graie sur les préconisations constructives pour limiter le développement des moustiques en général. Par exemple, réduire ou construire différemment les bacs de décantation des bassins.

[source : actu-Environnement.com

Le moustique tigre plus discret cette année sur la Côte d’Azur

Probablement du fait du manque de pluie en ce début de saison estivale, le moustique tigre semble moins présent sur la Côte d’Azur cette année que les années précédentes.

operation demoustication gites larvaires cannes

Des opération préventives maintenues

Malgré tout, les service de démoustication s’activent, notamment à Cannes : ils s’attaquent aux vallons ombragés et aux bouches d’évacuation des eaux pluviales, pistolets en main. Depuis quelques jours à Cannes, des agents aux allures de ghostbusters traquent les moustiques tigres. Ou plutôt leurs larves.
« Nous pulvérisons un produit biologique pour empêcher leur développement », explique Michaël Balviso, directeur de Provalp 3D, la société mandatée par la cité des festivals. Comme d’autres villes, Cannes va mener ses campagnes de démoustication jusqu’à l’automne pour faire reculer le nuisible. Ce satané Aedes albopictus qui serait pourtant moins présent cette année.

« Nous constatons peu de nuisances. Les moustiques sont en retard, confirme Bernard Cadiou, le responsable de l’agence de l’Entente interdépartementale de démoustication [EID] pour les Alpes-Maritimes et le Var. Il n’a pas beaucoup plu depuis le début de l’année et le stock d’œufs [qui ont besoin d’eaux stagnantes] est moins important. »
« Nous devrions quand même être moins gênés que l’an dernier »

Montée en puissance à venir

Le spécialiste prévoit tout de même une montée en puissance des piqûres à partir de la semaine prochaine, avec l’arrivée des grosses chaleurs. « Mais, nous devrions quand même être moins gênés que l’an dernier », pronostique-t-il.

Sur le plan de la santé, « il n’y a pas d’inquiétude notable sur la santé car il n’y a pas d’épidémies importantes en ce moment dans le monde », note aussi Bernard Cadiou. Le « tigre » peut être vecteur de la dengue, du chikungunya et du virus Zika.

D’autres témoignages semblent concordants, notamment à Valbonne. Un sophipolitain témoigne : « C’est la première fois depuis 2010 que nous pouvons dîner tranquille le soir. Habituellement c’est la chasse permanente, mais cette année j’en juste tue un de temps en temps, et le reste du temps je suis tranquille ».

Tant qu’il ne pleuvra pas, la population devrait néanmoins rester stable. Profitez donc !

[source : 20 minutes et compléments moustique-tigre.info

Zika – Les 10 étapes de l’épidémie mondiale !

Transmis par le moustique Aedes aegypti ou Aedes Albopictus (également appelé moustique tigre), le virus Zika a été identifié pour la première fois en Ouganda en 1947, chez des singes, puis en 1952 chez l’homme. Des années 1960 aux années 1980, les infections humaines en Afrique et en Asie s’accompagnent en général de symptômes bénins. La première flambée de Zika est constatée en 2007 dans les États fédérés de Micronésie, puis en 2013 et en 2014 en Polynésie française où est signalé le lien entre le virus Zika et les syndromes de Guillain-Barré.
L’année 2015, le Brésil rapporte une augmentation anormale du nombre d’enfants nés avec microcéphalie, consécutifs à la première épidémie de Zika sur le continent latino-américain.

zika carte epidemie mondiale

Ces deux moustiques sont responsables de la transmission de plusieurs virus comme la dengue, la fièvre jaune, le Chikunguya ou le Zika. Aedes Aegypti a quitté l’Afrique de l’ouest avec les bateaux transportant les esclaves noirs vers le continent américain. Son cousin des zones tempérées, Aedes albopictus, encore appelé le moustique tigre, a quitté le Japon il y a une cinquantaine d’années dans les bateaux commercialisant les pneus. Il se reproduire particulièrement dans les eaux propres des pluies gardées par les caoutchoucs concaves. Il s’est depuis implanté dans les zones tempérées, à partir des zones portuaires où il a été débarqué avec les pneus. « Zika est un phénomène de la mondialisation de ces moustiques présents aux quatre coins du globe. Il suffit maintenant de leur amener le virus », résume Arnaud Fontanet. Aedes aegypti ne se nourrit plus que sur l’homme, et s’est de fait installé dans les zones urbaines, densément peuplées, comme les bidonvilles des mégalopoles latino-américaines : Brésil, Venezuela, Colombie, Paraguay sont les plus touchés. Le virus Zika remonte jusqu’à Miami en 2015, où le moustique Aedes aegypti est implanté, et touche l’Europe, de façon plus marginale, dans des cas de retour de voyage.

[source : France Culture]

Le virus Zika colonise l’Inde

L’Organisation Mondiale de la Santé vient de confirmer que plusieurs personnes, dont une femme enceinte, ont été infectées par le virus Zika en Inde. Cette transmission serait cependant de faible intensité.

L’Inde rejoint donc la liste des pays colonisés par le virus Zika. L’organisation mondiale de la santé (OMS) vient de rapporter vendredi 26 mai 2017 que les autorités indiennes avaient confirmé des premiers cas d’infection par le virus dans le pays.

Une femme enceinte fait partie des cas confirmés lors d’examens de routine menés dans un laboratoire de l’Etat du Gujarat (dans l’ouest du pays) sur plus d’un an. Ces cas « suggèrent une transmission de faible intensité du virus Zika » précise l’OMS (en anglais), tout en appelant néanmoins les autorités à renforcer leur surveillance.

Transmission par le moustique tigre et par voie sexuelle

Déjà 70 pays et territoires ont confirmé la présence du virus Zika depuis 2015. Celui-ci est transmis par la piqûre d’un moustique de type Aedes (mieux connu sous le nom de moustique tigre) infecté mais on a aussi observé des cas de transmission du zika par voie sexuelle.

Cette infection virale est tenue pour responsable de microcéphalies (cerveau anormalement petit) chez des bébés nés de mères infectées ainsi que de disproportions crânio-faciales, de spasticité (désordres musculaires), de convulsions, d’irritabilité et de dysfonctionnements de certaines parties du cerveau se manifestant par des troubles de l’alimentation et des anomalies oculaires.

Zika avait par ailleurs occasionné une épidémie qui avait touché près d’un million et demi de personnes au Brésil. Une étude publiée l’an dernier dans la revue médicale britannique The Lancet Infectious Diseases, estimait qu’un tiers de l’humanité vit dans des pays où le virus pourrait encore se propager. Il s’agit potentiellement de l’Inde, la Chine, plusieurs pays d’Asie du sud-est et d’Afrique.

Il n’existe pour l’heure ni vaccin ni traitement contre ce virus. Même si celui-ci est bénin dans la plupart des cas, l’OMS met en garde sur son site ceux qui prévoient de voyager dans un pays touché par Zika : « Les femmes enceintes ou planifiant une grossesse doivent faire particulièrement attention à se protéger contre les piqûres des moustiques ».

Il leur est par ailleurs conseillé de « ne pas se rendre dans les pays ou zones classées dans les catégories 1 ou 2 » et dont la liste est accessible ici.

[source : lci]

Moustique tigre ou moustique commun

Cette infographie conçue par BFM TV a le mérite d’être très visuelle.
Elle vous permettra certainement de savoir identifier à coup sûr le moustique tigre en le différenciant du moustique commun.

Les points de différence sont principalement ses rayures nettement noires et blanches, le fait qu’il vole et pique le jour, qu’il ne fasse quasiment pas de bruit en se déplaçant et qu’il soit nettement plus lent que les moustiques communs dont nous avons l’habitude.

moustique tigre moustique commun

moustique tigre diurne

moustique tigre silencieux et lent

[source de l’infographie : BFM-TV]

Un bébé de 6 mois meurt de la Dengue en Nouvelle Calédonie

Le nourrisson est mort 3 jours après l’apparition des premiers symptômes. Il s’agit de la neuvième victime en Nouvelle-Calédonie depuis le début de l’épidémie il y a plusieurs mois.

La Nouvelle-Calédonie est en effet victime d’une épidémie de dengue. La maladie, transmise par le moustique et qui a déjà fait plusieurs morts, vient de faire une nouvelle victime.

Le nourrisson habitait donc la commune du Mont-Dore, une zone favorable au développement du moustique-tigre Aedes Aegypti responsable de la transmission de la maladie.

Les premiers signes cliniques d’infection s’étaient déclarés le lundi 22 mai et le médecin traitant de la famille avait été consulté le mardi 23. L’enfant, qui n’avait pas d’antécédents médicaux, est finalement décédé le jeudi 25 mai selon les autorités locales qui ont tenu à apporter leur soutien à la famille de la petite victime.

Depuis le début de l’épidémie actuelle tout début 2017, la dengue a donc fait 9 victimes en Nouvelle-Calédonie. Plus de 3 500 cas de la maladie ont été recensés. Près de 500 personnes ont dû être hospitalisées en raison de

Les autorités en appellent à la vigilance de chacun afin d’œuvrer contre la prolifération des moustiques alors que les conditions climatiques actuelles sont favorables aux développements des larves.

Rappelons qu’il n’existe ni traitement curatif ni vaccin contre la dengue. Seuls les symptômes liés à la maladie peuvent-être traités.

[Source : 24matins]

Enquête : un an après, que sont devenus les bébés zika ?

Voici un article paru dans le magazine « Elle », qui relate l’histoire de ces femmes dont le bébé a eu de graves séquelles suite à la contraction du virus Zika par la maman lorsqu’elle était enceinte.

En mars 2016, une reporter du magazine « Elle » était partie dans la région de Recife à la rencontre des mères de bébés touchés par le terrible virus. Un an plus tard, le magazine « Elle » a retrouvé ces femmes courageuses qui expliquent le calvaire de leur enfant et leurs faibles espoirs.

Bebes Zika 1 an apres

De graves séquelles

João Guilhermo, 17 mois, se redresse lentement, centimètre par centimètre. Vaillant et concentré. Pepita Duran, la physiothérapeute qui lui dispense deux séances gratuites de rééducation par semaine, l’encourage de sa voix douce, soulignant chacun de ses efforts en chantant une comptine. Quand l’enfant relève enfin la tête, Veronica, sa mère, applaudit, émue. Et João Guilhermo sourit. Double victoire : le petit garçon, lourdement handicapé par de graves troubles moteurs cérébraux provoqués par le virus Zika dont il a été infecté in utero, peut tenir sa tête seul. Et son sourire, tandis que sa mère et la thérapeute le félicitent, prouve qu’il communique avec son entourage. Veronica le sait : son fils ne sera jamais « comme les autres ». Le terrible virus transmis par le moustique tigre a irrémédiablement endommagé son cerveau, avec des conséquences graves sur l’ouïe, la vue, la motricité, la parole, les appareils respiratoire et digestif, le cœur, la tonicité musculaire. Sans compter que les « bébés Zika » présentent un risque accru d’épilepsie dont les convulsions mettent en danger leur vie.
Un virus qui produit de lourds handicaps

Une contamination in-utero

Mais aujourd’hui, dans le cabinet de Pepita Duran, Veronica veut enfin croire en l’avenir. Nous l’avions rencontrée l’an dernier, à la même époque, chez elle dans un quartier populaire d’une petite ville à quarante-cinq minutes de Recife, au nord-est du Brésil. La région qui compte le plus grand nombre de naissances d’enfants contaminés in utero par le virus. Lors de notre première rencontre, Veronica et son mari Armando, leur minuscule petit garçon de 4 mois lové dans les bras maternels, étaient effondrés. Terrorisés. Les médecins découvraient, comme eux, de radios en tomographies, l’ampleur des dégâts causés par le virus dans le cerveau de leur bébé. Comment allaient-ils faire face ? Les soins indispensables pour tenter d’enrayer les handicaps, annoncés par les spécialistes, étaient si lourds – et si chers. C’est dans les familles des quartiers les plus modestes – où vivent Veronica et Armando – et des favelas, cloaques humides aux rigoles infestées de moustiques, que la majorité des femmes enceintes a été contaminée entre septembre 2015 et janvier 2016, lors des premiers mois de leur grossesse. Pas de climatisation pour rafraîchir l’atmosphère et faire fuir les moustiques. Pas ou peu de moyens pour acheter des insecticides ou installer des moustiquaires. Et une information tardive des pouvoirs publics sur le risque auquel les piqûres exposaient les femmes enceintes. Pas d’IVG non plus, pour celles détectées positives au virus : au Brésil, l’avortement est interdit, sauf si le foetus est déclaré sans cerveau. Les bébés Zika en ont un, aussi abîmé soit-il.

Un gouvernement absent

Si les parents de João Guilhermo ont repris espoir, si le petit garçon fait d’infimes mais cruciaux progrès, c’est grâce à la solidarité privée. Celle de l’ONG Amar, notamment, qui regroupe des parents d’enfants handicapés psychomoteurs touchés par des maladies rares, dont 158 mères d’enfants Zika. Et la générosité de professionnels, qui, comme Pepita Duran, offrent des soins indispensables et coûteux. Pas au gouvernement, qui, « malgré ses belles promesses devant les Nations unies et la presse internationale, ne fait rien ou presque », dénonce le couple d’une même voix. Qu’importe si, deux fois par semaine, Veronica, son petit dans les bras, prend trois bus et fait quatre heures de trajet pour rejoindre les séances de physiothérapie. Sans compter les visites mensuelles chez la neurologue, l’ophtalmo, le gastro-entérologue. Un véritable parcours de combattantes pour ces mères.

De nouveaux symptômes découverts chaque mois

Daniele, 30 ans, séparée de son mari, maman de Juan, 16 mois, et d’une fillette de 12 ans, a trouvé un emploi de réceptionniste à mi-temps. Elle emmène son fils trois fois par semaine à ses séances de rééducation. Impossible d’assurer un plein-temps. Quand elle travaille, sa mère, ou sa soeur, garde le petit. « Je ne gagne que 900 reais mensuels (environ 250 euros), les médicaments me coûtent 50 reais par mois (environ 15 euros), explique-t-elle, heureusement qu’une clinique privée offre des soins, sinon je ne pourrais pas. Mais il y a deux jours, Juan a eu des problèmes respiratoires et j’ai dû dépenser 150 reais de traitement. Et il a encore 38,5 de fièvre… » Juan ne peut ni s’asseoir ni marcher. Il entend à peine la voix de sa mère. « Il voit très mal aussi, dit Daniele. Comme je travaille, je ne reçois rien du gouvernement, qui verse une allocation aux mères sans emploi d’enfants Zika. Entre le loyer et la nourriture, je n’ai pas les moyens de lui acheter une paire de lunettes. J’espère qu’on m’en fera don. » Dans la salle d’attente d’un dispensaire de Recife, Daniele, pourtant si réservée, ne cache pas sa colère : « Chaque mois, on découvre une nouvelle maladie à mon bébé, mais rien n’est fait pour la prise en charge des examens et des soins. »

Un combat de tous les instants

« Beaucoup d’entre nous ne reçoivent aucune aide du gouvernement parce que celle-ci est allouée au vu de tests prouvant que nous avons été contaminées par le virus Zika. Or, nous sommes nombreuses à encore attendre les résultats ! J’ai l’impression qu’on ne teste nos bébés que pour servir à la recherche. On ne communique pas les résultats aux familles. Seule la société civile s’est mobilisée pendant l’épidémie l’an dernier. Le gouvernement, lui, nous oublie », dénoncent Jusikelly, 33 ans, mère de Luhandra, 17 mois, et son amie Rosana, 27 ans, mère de Luana, 17 mois aussi. Nous avions rencontré les deux jeunes femmes l’an dernier lors d’une réunion de « mamans de bébés Zika » organisée par l’ONG Amar qui leur fournit couches et lait maternisé. Rosana, pimpante dans sa jolie robe, accompagnée de sa petite Luana toute souriante, dit « avoir surmonté le traumatisme d’avoir un bébé handicapé ».
Ces mères éprouvent colère et angoisse

Serveuse de temps en temps dans un restaurant, mère célibataire de trois fillettes – le père de sa petite dernière, contaminée par le virus Zika, l’a quittée peu après la naissance -, elle craint de perdre son travail : « Mon patron pense que je ne suis pas fiable parce que j’ai un enfant handicapé qui a besoin de beaucoup de soins… » Elle touche quand même 937 reais (environ 270 euros) d’allocation. Trop peu pour boucler son budget. Elle enchaîne les petits boulots à côté, coupe les cheveux à domicile, vend dans son quartier les petits plats qu’elle prépare… « Les médecins nous aident, mais le gouvernement ne réalise absolument pas ce que nous traversons, ils n’ont pas de bébé’spécial’ comme nous, ils ne comprennent pas nos difficultés au quotidien », poursuit Rosana. « Il n’y a pas assez de spécialistes », s’indigne de son côté Jusikelly. Dans une petite salle de réunion de l’association Amar, où les familles d’enfants « spéciaux », disent les adhérents, se retrouvent pour échanger et s’épauler, la jeune femme prépare le biberon qu’elle adapte à la sonde dont a été équipée sa fille. « Son grave reflux gastrique l’empêche de se nourrir normalement depuis janvier, explique la jeune mère. Elle doit prendre cinq médicaments par jour. Mais, pour les obtenir dans les centres publics médicaux, il faut une prescription, or, souvent, devant l’afflux de patients et le manque de personnel, les consultations sont annulées. Nos enfants ont besoin de multiples opérations du cerveau, de soins lourds, de prothèses auditives, de lunettes… Qu’est-ce qu’on fait alors ? » Pas le genre à baisser les bras, l’énergique Jusikelly. Mais elle peine à retenir des larmes de colère et d’angoisse.

Des moustiques toujours aussi présents

« La population a développé une immunité dans notre région, mais le virus n’a pas disparu. Les moustiques sont toujours là »

Dans son cabinet d’un dispensaire public, la Dre Vanessa Van Der Linden, pédiatre-neurologue, se veut pourtant optimiste. L’an dernier, elle enchaînait les consultations et nous racontait son épouvante devant le nombre inhabituel de bébés microcéphales qu’elle recevait. Au tout début de l’épidémie, fin 2015, cette jeune spécialiste et sa mère, neurologue elle aussi, ont été les premières à faire le lien entre les femmes piquées par un moustique tigre pendant leur grossesse et les naissances de bébés microcéphales. Leur soupçon a permis d’engager les recherches qui ont mené les spécialistes à identifier la responsabilité du moustique tigre dans la contamination. Sans triomphalisme, « docteur Vanessa », comme l’appellent les mères, ne cache pas son soulagement. L’épidémie est enrayée. Pour le moment. « Depuis décembre 2016, je n’ai pas enregistré de nouveaux cas. » Comment l’explique-t-elle ? « Je pense que la population a développé une immunité dans notre région qui en a été le foyer, souligne la spécialiste. Mais le virus n’a pas disparu. Les moustiques sont toujours là. Je suis optimiste concernant Recife et l’État de Pernambuco. Mais il peut ressurgir dans d’autres États. Nous restons en alerte. »
Des menaces permanentes sur la vie de leurs enfants

Des femmes qui ne veulent plus avoir d’enfant

Presque toutes les femmes que nous avons retrouvées sont catégoriques : elles n’auront pas d’autres enfants de crainte d’avoir un nouveau bébé contaminé. Et même s’il ne l’était pas, auraient-elles le temps et l’énergie de s’occuper d’un autre enfant ? C’est la question qui hante les nuits de Vanessa, dans sa maison de tôle à la périphérie de Recife. Elle vit seule avec son petit Enzo, 1 an, et Lorene, sa fille de 7 ans. Le père d’Enzo est parti, mais il aide financièrement au gré des petits boulots qu’il décroche. Enceinte de 6 mois – « un accident de préservatif » -, Vanessa sait que le bébé est normal. Une joie immense mais qui atténue à peine l’angoisse de l’avenir. Entre deux consultations médicales, elle a appris les gestes, caresses et étirements doux, indispensables pour stimuler ces enfants microcéphales dont les muscles ne répondent pas ou si peu. Chaque esquisse de sourire, chaque geste minimaliste que l’enfant fait seul, comme serrer le doigt de sa mère ou de sa physiothérapeute, chaque regard qui suit un objet sont une victoire pour les familles. Toutes savent que le combat ne fait que commencer. Que la menace d’une infection, une montée de fièvre, une crise d’épilepsie, une faiblesse cardiaque pèse en permanence sur la vie de leurs enfants. Et qu’au milieu de quelques précieux élans de solidarité de la part de la société civile et de médecins engagés, les mères de « bébés Zika » du Nordeste du Brésil restent seules pour affronter une terrible situation. C’est ce qu’elles craignaient toutes quand nous les avions rencontrées au plus fort de l’épidémie, il y a un an. Le temps a malheureusement confirmé leurs inquiétudes.

[source : Elle]

Méthodes pas efficaces contre le moustique tigre

Comme vous avez déjà pu le lire au travers de nos pages, voici quatre méthodes qui ne fonctionnent pas contre le moustique tigre.

Les Ultrasons

La promesse :
On nous vante les mérites des ultrasons pour éloigner les moustiques, que ce soit via un appareil à brancher, un portatif à poser sur soi (type porte-clés) ou une application pour smartphone,
La réalité
D’après des tests effectués par l’UFC Que choisir, les ultrasons ne fonctionnent pas. Les femelles moustiques, les seules à piquer, ne détectent pas les vibrations qui doivent en principe les faire fuir.

Les électrocuteurs

La promesse :
L’électrocuteur émet une lumière comportant des ultraviolets. Autour de cette lumière, un grillage sous tension tue les insectes.
La réalité:
Les moustiques ne semblent pas trop attirés, et les femelles, quand elles sont en chasse, suivent davantage les odeurs (corporelles notamment) que la lumière.
De plus, le moustique tigre est diurne. Il est donc bien à l’abri lorsque vous sortez votre arsenal ultra-violet.

Le géranium

La promesse :
on dit de certaines plantes, notamment des géraniums, très odorants, qu’ils éloignent les moustiques. Le géranium à la citronnelle, senteur détestée par ces insectes, est donc censé les repousser.
La réalité :
En réalité, ces fleurs n’empêcheront jamais les femelles de piquer. Elles ne se satisfont pas seulement du nectar comme les mâles, elles ont aussi besoin de sang pour pondre leurs œufs.

Favoriser le développement de prédateurs

La promesse :
pour venir à bout des moustiques, il est parfois conseillé de protéger les poissons et insectes aquatiques mangeurs de larves et d’offrir des perchoirs aux chauves-souris et aux hirondelles.
La réalité :
Ces prédateurs sont généralement friands de proies plus grosses, ils n’éradiquent donc pas la menace du moustique.

Moustique tigre – C’est reparti pour 2017 !

Ca y est, c’est reparti. Le retour des beaux jours rime avec le retour du moustique tigre en France.
Depuis le 1er mai, le dispositif de surveillance est lancé dans trente départements, et est très bien relayé par les médias, mais aussi par de nombreuses mairies qui communiquent directement auprès de leurs habitants.

Depuis 2006, les autorités sanitaires françaises lancent un plan de surveillance renforcé à partir du 1er mai et jusqu’au 31 octobre. Trente départements français sont particulièrement concernés, dont ceux du sud de la France, du Haut-Rhin, du Bas-Rhin, de la Vendée et du Val-de-marne en Ile-de-France.

Nos astuces pour reconnaitre le moustique tigre.

carte presence moustique tigre 2016 2017

[source : CNEV]

Liste des départements colonisés par le moustique tigre en 2017

Le 1er mai, c’est la date officielle où les autorités placent les départements colonisés en période de « surveillance ». Voici un petit rappel des départements colonisés fin 2016, donc pour cette année 2017, où trois départements ont rejoint la liste.

Départements colonisés en 2014 :
– Les Alpes-Maritimes
– Le Var
– Les Bouches-du-Rhône
– La Haute-Corse
– La Corse-du-Sud
– Les Alpes-de-Haute-Provence
– Le Vaucluse
– L’Hérault
– le Gard
– L’Aude
– Les Pyrénées-Orientales
– La Haute-Garonne
– Le Lot-et-Garonne
– L’Ardèche
– La Drôme
– L’Isère
– La Gironde
– La Saone-et-Loire
– La Savoie
– Le Rhône

Départements colonisés en 2015 :
– L’Ain
– Le Bas-Rhin
– La Dordogne
– Les Landes
– Le Lot
– Les Pyrénées-Atlantique
– Le Tarn-et-Garonne
– Le Tarn
– Le Val-de-Marne
– La Vendée

Liste des déparements colonisés en 2016 :
– L’Aveyron
– Le Gers
– Le Haut-Rhin

carte presence moustique tigre 2016 2017