Enquête : un an après, que sont devenus les bébés zika ?

Voici un article paru dans le magazine « Elle », qui relate l’histoire de ces femmes dont le bébé a eu de graves séquelles suite à la contraction du virus Zika par la maman lorsqu’elle était enceinte.

En mars 2016, une reporter du magazine « Elle » était partie dans la région de Recife à la rencontre des mères de bébés touchés par le terrible virus. Un an plus tard, le magazine « Elle » a retrouvé ces femmes courageuses qui expliquent le calvaire de leur enfant et leurs faibles espoirs.

Bebes Zika 1 an apres

De graves séquelles

João Guilhermo, 17 mois, se redresse lentement, centimètre par centimètre. Vaillant et concentré. Pepita Duran, la physiothérapeute qui lui dispense deux séances gratuites de rééducation par semaine, l’encourage de sa voix douce, soulignant chacun de ses efforts en chantant une comptine. Quand l’enfant relève enfin la tête, Veronica, sa mère, applaudit, émue. Et João Guilhermo sourit. Double victoire : le petit garçon, lourdement handicapé par de graves troubles moteurs cérébraux provoqués par le virus Zika dont il a été infecté in utero, peut tenir sa tête seul. Et son sourire, tandis que sa mère et la thérapeute le félicitent, prouve qu’il communique avec son entourage. Veronica le sait : son fils ne sera jamais « comme les autres ». Le terrible virus transmis par le moustique tigre a irrémédiablement endommagé son cerveau, avec des conséquences graves sur l’ouïe, la vue, la motricité, la parole, les appareils respiratoire et digestif, le cœur, la tonicité musculaire. Sans compter que les « bébés Zika » présentent un risque accru d’épilepsie dont les convulsions mettent en danger leur vie.
Un virus qui produit de lourds handicaps

Une contamination in-utero

Mais aujourd’hui, dans le cabinet de Pepita Duran, Veronica veut enfin croire en l’avenir. Nous l’avions rencontrée l’an dernier, à la même époque, chez elle dans un quartier populaire d’une petite ville à quarante-cinq minutes de Recife, au nord-est du Brésil. La région qui compte le plus grand nombre de naissances d’enfants contaminés in utero par le virus. Lors de notre première rencontre, Veronica et son mari Armando, leur minuscule petit garçon de 4 mois lové dans les bras maternels, étaient effondrés. Terrorisés. Les médecins découvraient, comme eux, de radios en tomographies, l’ampleur des dégâts causés par le virus dans le cerveau de leur bébé. Comment allaient-ils faire face ? Les soins indispensables pour tenter d’enrayer les handicaps, annoncés par les spécialistes, étaient si lourds – et si chers. C’est dans les familles des quartiers les plus modestes – où vivent Veronica et Armando – et des favelas, cloaques humides aux rigoles infestées de moustiques, que la majorité des femmes enceintes a été contaminée entre septembre 2015 et janvier 2016, lors des premiers mois de leur grossesse. Pas de climatisation pour rafraîchir l’atmosphère et faire fuir les moustiques. Pas ou peu de moyens pour acheter des insecticides ou installer des moustiquaires. Et une information tardive des pouvoirs publics sur le risque auquel les piqûres exposaient les femmes enceintes. Pas d’IVG non plus, pour celles détectées positives au virus : au Brésil, l’avortement est interdit, sauf si le foetus est déclaré sans cerveau. Les bébés Zika en ont un, aussi abîmé soit-il.

Un gouvernement absent

Si les parents de João Guilhermo ont repris espoir, si le petit garçon fait d’infimes mais cruciaux progrès, c’est grâce à la solidarité privée. Celle de l’ONG Amar, notamment, qui regroupe des parents d’enfants handicapés psychomoteurs touchés par des maladies rares, dont 158 mères d’enfants Zika. Et la générosité de professionnels, qui, comme Pepita Duran, offrent des soins indispensables et coûteux. Pas au gouvernement, qui, « malgré ses belles promesses devant les Nations unies et la presse internationale, ne fait rien ou presque », dénonce le couple d’une même voix. Qu’importe si, deux fois par semaine, Veronica, son petit dans les bras, prend trois bus et fait quatre heures de trajet pour rejoindre les séances de physiothérapie. Sans compter les visites mensuelles chez la neurologue, l’ophtalmo, le gastro-entérologue. Un véritable parcours de combattantes pour ces mères.

De nouveaux symptômes découverts chaque mois

Daniele, 30 ans, séparée de son mari, maman de Juan, 16 mois, et d’une fillette de 12 ans, a trouvé un emploi de réceptionniste à mi-temps. Elle emmène son fils trois fois par semaine à ses séances de rééducation. Impossible d’assurer un plein-temps. Quand elle travaille, sa mère, ou sa soeur, garde le petit. « Je ne gagne que 900 reais mensuels (environ 250 euros), les médicaments me coûtent 50 reais par mois (environ 15 euros), explique-t-elle, heureusement qu’une clinique privée offre des soins, sinon je ne pourrais pas. Mais il y a deux jours, Juan a eu des problèmes respiratoires et j’ai dû dépenser 150 reais de traitement. Et il a encore 38,5 de fièvre… » Juan ne peut ni s’asseoir ni marcher. Il entend à peine la voix de sa mère. « Il voit très mal aussi, dit Daniele. Comme je travaille, je ne reçois rien du gouvernement, qui verse une allocation aux mères sans emploi d’enfants Zika. Entre le loyer et la nourriture, je n’ai pas les moyens de lui acheter une paire de lunettes. J’espère qu’on m’en fera don. » Dans la salle d’attente d’un dispensaire de Recife, Daniele, pourtant si réservée, ne cache pas sa colère : « Chaque mois, on découvre une nouvelle maladie à mon bébé, mais rien n’est fait pour la prise en charge des examens et des soins. »

Un combat de tous les instants

« Beaucoup d’entre nous ne reçoivent aucune aide du gouvernement parce que celle-ci est allouée au vu de tests prouvant que nous avons été contaminées par le virus Zika. Or, nous sommes nombreuses à encore attendre les résultats ! J’ai l’impression qu’on ne teste nos bébés que pour servir à la recherche. On ne communique pas les résultats aux familles. Seule la société civile s’est mobilisée pendant l’épidémie l’an dernier. Le gouvernement, lui, nous oublie », dénoncent Jusikelly, 33 ans, mère de Luhandra, 17 mois, et son amie Rosana, 27 ans, mère de Luana, 17 mois aussi. Nous avions rencontré les deux jeunes femmes l’an dernier lors d’une réunion de « mamans de bébés Zika » organisée par l’ONG Amar qui leur fournit couches et lait maternisé. Rosana, pimpante dans sa jolie robe, accompagnée de sa petite Luana toute souriante, dit « avoir surmonté le traumatisme d’avoir un bébé handicapé ».
Ces mères éprouvent colère et angoisse

Serveuse de temps en temps dans un restaurant, mère célibataire de trois fillettes – le père de sa petite dernière, contaminée par le virus Zika, l’a quittée peu après la naissance -, elle craint de perdre son travail : « Mon patron pense que je ne suis pas fiable parce que j’ai un enfant handicapé qui a besoin de beaucoup de soins… » Elle touche quand même 937 reais (environ 270 euros) d’allocation. Trop peu pour boucler son budget. Elle enchaîne les petits boulots à côté, coupe les cheveux à domicile, vend dans son quartier les petits plats qu’elle prépare… « Les médecins nous aident, mais le gouvernement ne réalise absolument pas ce que nous traversons, ils n’ont pas de bébé’spécial’ comme nous, ils ne comprennent pas nos difficultés au quotidien », poursuit Rosana. « Il n’y a pas assez de spécialistes », s’indigne de son côté Jusikelly. Dans une petite salle de réunion de l’association Amar, où les familles d’enfants « spéciaux », disent les adhérents, se retrouvent pour échanger et s’épauler, la jeune femme prépare le biberon qu’elle adapte à la sonde dont a été équipée sa fille. « Son grave reflux gastrique l’empêche de se nourrir normalement depuis janvier, explique la jeune mère. Elle doit prendre cinq médicaments par jour. Mais, pour les obtenir dans les centres publics médicaux, il faut une prescription, or, souvent, devant l’afflux de patients et le manque de personnel, les consultations sont annulées. Nos enfants ont besoin de multiples opérations du cerveau, de soins lourds, de prothèses auditives, de lunettes… Qu’est-ce qu’on fait alors ? » Pas le genre à baisser les bras, l’énergique Jusikelly. Mais elle peine à retenir des larmes de colère et d’angoisse.

Des moustiques toujours aussi présents

« La population a développé une immunité dans notre région, mais le virus n’a pas disparu. Les moustiques sont toujours là »

Dans son cabinet d’un dispensaire public, la Dre Vanessa Van Der Linden, pédiatre-neurologue, se veut pourtant optimiste. L’an dernier, elle enchaînait les consultations et nous racontait son épouvante devant le nombre inhabituel de bébés microcéphales qu’elle recevait. Au tout début de l’épidémie, fin 2015, cette jeune spécialiste et sa mère, neurologue elle aussi, ont été les premières à faire le lien entre les femmes piquées par un moustique tigre pendant leur grossesse et les naissances de bébés microcéphales. Leur soupçon a permis d’engager les recherches qui ont mené les spécialistes à identifier la responsabilité du moustique tigre dans la contamination. Sans triomphalisme, « docteur Vanessa », comme l’appellent les mères, ne cache pas son soulagement. L’épidémie est enrayée. Pour le moment. « Depuis décembre 2016, je n’ai pas enregistré de nouveaux cas. » Comment l’explique-t-elle ? « Je pense que la population a développé une immunité dans notre région qui en a été le foyer, souligne la spécialiste. Mais le virus n’a pas disparu. Les moustiques sont toujours là. Je suis optimiste concernant Recife et l’État de Pernambuco. Mais il peut ressurgir dans d’autres États. Nous restons en alerte. »
Des menaces permanentes sur la vie de leurs enfants

Des femmes qui ne veulent plus avoir d’enfant

Presque toutes les femmes que nous avons retrouvées sont catégoriques : elles n’auront pas d’autres enfants de crainte d’avoir un nouveau bébé contaminé. Et même s’il ne l’était pas, auraient-elles le temps et l’énergie de s’occuper d’un autre enfant ? C’est la question qui hante les nuits de Vanessa, dans sa maison de tôle à la périphérie de Recife. Elle vit seule avec son petit Enzo, 1 an, et Lorene, sa fille de 7 ans. Le père d’Enzo est parti, mais il aide financièrement au gré des petits boulots qu’il décroche. Enceinte de 6 mois – « un accident de préservatif » -, Vanessa sait que le bébé est normal. Une joie immense mais qui atténue à peine l’angoisse de l’avenir. Entre deux consultations médicales, elle a appris les gestes, caresses et étirements doux, indispensables pour stimuler ces enfants microcéphales dont les muscles ne répondent pas ou si peu. Chaque esquisse de sourire, chaque geste minimaliste que l’enfant fait seul, comme serrer le doigt de sa mère ou de sa physiothérapeute, chaque regard qui suit un objet sont une victoire pour les familles. Toutes savent que le combat ne fait que commencer. Que la menace d’une infection, une montée de fièvre, une crise d’épilepsie, une faiblesse cardiaque pèse en permanence sur la vie de leurs enfants. Et qu’au milieu de quelques précieux élans de solidarité de la part de la société civile et de médecins engagés, les mères de « bébés Zika » du Nordeste du Brésil restent seules pour affronter une terrible situation. C’est ce qu’elles craignaient toutes quand nous les avions rencontrées au plus fort de l’épidémie, il y a un an. Le temps a malheureusement confirmé leurs inquiétudes.

[source : Elle]

Méthodes pas efficaces contre le moustique tigre

Comme vous avez déjà pu le lire au travers de nos pages, voici quatre méthodes qui ne fonctionnent pas contre le moustique tigre.

Les Ultrasons

La promesse :
On nous vante les mérites des ultrasons pour éloigner les moustiques, que ce soit via un appareil à brancher, un portatif à poser sur soi (type porte-clés) ou une application pour smartphone,
La réalité
D’après des tests effectués par l’UFC Que choisir, les ultrasons ne fonctionnent pas. Les femelles moustiques, les seules à piquer, ne détectent pas les vibrations qui doivent en principe les faire fuir.

Les électrocuteurs

La promesse :
L’électrocuteur émet une lumière comportant des ultraviolets. Autour de cette lumière, un grillage sous tension tue les insectes.
La réalité:
Les moustiques ne semblent pas trop attirés, et les femelles, quand elles sont en chasse, suivent davantage les odeurs (corporelles notamment) que la lumière.
De plus, le moustique tigre est diurne. Il est donc bien à l’abri lorsque vous sortez votre arsenal ultra-violet.

Le géranium

La promesse :
on dit de certaines plantes, notamment des géraniums, très odorants, qu’ils éloignent les moustiques. Le géranium à la citronnelle, senteur détestée par ces insectes, est donc censé les repousser.
La réalité :
En réalité, ces fleurs n’empêcheront jamais les femelles de piquer. Elles ne se satisfont pas seulement du nectar comme les mâles, elles ont aussi besoin de sang pour pondre leurs œufs.

Favoriser le développement de prédateurs

La promesse :
pour venir à bout des moustiques, il est parfois conseillé de protéger les poissons et insectes aquatiques mangeurs de larves et d’offrir des perchoirs aux chauves-souris et aux hirondelles.
La réalité :
Ces prédateurs sont généralement friands de proies plus grosses, ils n’éradiquent donc pas la menace du moustique.

Moustique tigre – C’est reparti pour 2017 !

Ca y est, c’est reparti. Le retour des beaux jours rime avec le retour du moustique tigre en France.
Depuis le 1er mai, le dispositif de surveillance est lancé dans trente départements, et est très bien relayé par les médias, mais aussi par de nombreuses mairies qui communiquent directement auprès de leurs habitants.

Depuis 2006, les autorités sanitaires françaises lancent un plan de surveillance renforcé à partir du 1er mai et jusqu’au 31 octobre. Trente départements français sont particulièrement concernés, dont ceux du sud de la France, du Haut-Rhin, du Bas-Rhin, de la Vendée et du Val-de-marne en Ile-de-France.

Nos astuces pour reconnaitre le moustique tigre.

carte presence moustique tigre 2016 2017

[source : CNEV]

Liste des départements colonisés par le moustique tigre en 2017

Le 1er mai, c’est la date officielle où les autorités placent les départements colonisés en période de « surveillance ». Voici un petit rappel des départements colonisés fin 2016, donc pour cette année 2017, où trois départements ont rejoint la liste.

Départements colonisés en 2014 :
– Les Alpes-Maritimes
– Le Var
– Les Bouches-du-Rhône
– La Haute-Corse
– La Corse-du-Sud
– Les Alpes-de-Haute-Provence
– Le Vaucluse
– L’Hérault
– le Gard
– L’Aude
– Les Pyrénées-Orientales
– La Haute-Garonne
– Le Lot-et-Garonne
– L’Ardèche
– La Drôme
– L’Isère
– La Gironde
– La Saone-et-Loire
– La Savoie
– Le Rhône

Départements colonisés en 2015 :
– L’Ain
– Le Bas-Rhin
– La Dordogne
– Les Landes
– Le Lot
– Les Pyrénées-Atlantique
– Le Tarn-et-Garonne
– Le Tarn
– Le Val-de-Marne
– La Vendée

Liste des déparements colonisés en 2016 :
– L’Aveyron
– Le Gers
– Le Haut-Rhin

carte presence moustique tigre 2016 2017

Combat contre le moustique à l’institut Pasteur

Zika, dengue, paludisme, fièvre jaune, chikungunya… Tous ces virus redoutés ont en commun un petit hôte de quelques millimètres, le moustique, qu’Anna-Bella Failloux scrute sous toutes ses coutures à l’Institut Pasteur, pour mieux le combattre.

« On essaie de comprendre quel est le point faible du couple moustique/virus », explique la directrice de recherche, tout en précisant : « Il n’y a pas de solution miracle. Même en trempant le monde dans un bac d’insecticide, on n’en viendrait pas à bout. »

Un laboratoire de recherche dédié aux moustiques

Dans un petit local, des rangées de bacs sur des étagères jouent le rôle de « pouponnière »: on retrouve ici, à tous les stades de leur développement, des oeufs, larves, nymphes et adultes d’Aedes Albopictus (le fameux moustique tigre) et d’Aedes Aegypti – deux espèces responsables de la transmission de nombreuses maladies à l’homme.

Les « éleveurs » de moustiques doivent trouver toutes sortes de trucs et astuces : un aspirateur pour capturer les moustiques, des tubes en carton troués et recouverts de tulle pour les transporter, et même une raquette électrique à portée de main, au cas où un insecte s’échappait.

Laboratoire sécurisé P3

Un peu plus loin, dans la zone où on infecte les moustiques avec le virus de la fièvre jaune ou celui du Zika, la sécurité est très nettement renforcée via un laboratoire sécurisé, de niveau P3.
Depuis 20 ans, l’entomologiste dissèque estomac, glandes salivaires et ovaires des femelles moustiques (les seules à piquer) pour comprendre comment se comportent les virus qui les infectent. Et pourquoi telle espèce de moustique peut transmettre certains pathogènes et pas d’autres.

Des résultats probants

Les travaux de son laboratoire ont permis de confirmer la responsabilité du moustique Aedes Aegypti dans la récente épidémie de Zika au Brésil.
De même, le lien entre Zika et microcéphalie a pu être établi rapidement grâce aux travaux de chercheurs sur l’épidémie survenue deux ans avant en Polynésie..
« On a besoin d’avoir des équipes qui travaillent et qui restent mobilisées, sur des enjeux qui ne paraissent peut-être pas des dangers majeurs en termes de santé publique, mais qui peuvent se révéler avec le temps différents de ce qu’on avait prévu », plaide-t-il.

Plusieurs pistes étudiées pour réduire les risques

Dans son livre qui paraît lundi aux éditions Fayard, co-écrit avec la médecin Isabelle de Saint Aubin, Erik Orsenna a choisi le moustique comme « personnage » pour illustrer la mondialisation des enjeux de santé, après ses essais sur le coton, l’eau et le papier.

Du delta du Mékong aux villages d’orpailleurs de Guyane, en passant par la forêt Zika en Ouganda, qui donne son nom à la maladie découverte en 1947, il explore tous les terrains de jeu de ce diptère qui fait 750.000 victimes par an, contre 10 pour le requin et 50.000 pour les serpents.
Il liste également les stratégies de lutte des chercheurs, à mesure que moustiques, virus et parasites développent de nouvelles résistances aux traitements et aux insecticides.
Parmi les pistes étudiées: inoculer la bactérie Wolbachia au moustique pour empêcher les virus de s’y reproduire ou lui faire butiner certaines plantes, qui modifieront son microbiote et le rendront moins accueillant pour les pathogènes.
D’autres pistes étudient la modification génétique. Si la stérilisation des moustiques mâles semble montrer des limites – les femelles rechignent à s’accoupler avec eux -, les scientifiques travaillent à exacerber le système immunitaire des insectes, pour qu’ils se mettent à combattre les virus.

[source : Le Parisien]

La dengue fait une septième victime en Nouvelle-Calédonie

La dengue a fait sa septième victime en Nouvelle-Calédonie. Une femme de 57 ans a en effet perdu la vie après avoir été infectée par le virus de la dengue dans l’archipel. Six autres personnes étaient déjà décédées du fait de ce virus depuis le début de l’épidémie en janvier, selon le dernier décompte publié gouvernement.

Décès à l’hopital

La victime avait été hospitalisée le 12 avril dernier. Elle est décédée 3 jours plus tard suite à des complications liées à la dengue ». Les « pathologies antérieures » de cette patiente l’avaient en effet fragilisée et rendue plus vulnérable à la maladie, ont précisé les autorités.
Parmi les six autres victimes, certaines n’avaient pas d’antécédents médicaux et ont succombé à cette maladie virale, transmise par plusieurs types de moustiques.

Un pic pas encore atteint

Les conditions météorologiques renforcent par ailleurs la menace, une semaine après le passage du cyclone Cook. Du fait des pluies diluviennes, les foyers où se développent les moustiques (gîtes larvaires) se sont très nettement multipliés. Les autorités appellent donc la population à une très forte mobilisation, afin d’éviter la prolifération du moustique tigre. Il s’agit notamment de vider l’eau stagnante de tous les bacs, pots et autres récipients où l’insecte pond ses œufs.

Depuis janvier, 2 400 personnes ont été infectées par le virus de la dengue, mais le chiffre pourrait être sous-estimé. En effet, le dépistage sanguin n’est plus systématique, compte tenu de son coût élevé pour la collectivité, précise l’AFP. Malgré la fin de l’été austral, période propice au développement de la dengue en raison de fortes chaleurs et de l’humidité, les autorités sanitaires estiment que le pic de l’épidémie n’a pas encore été atteint.

Les symptômes du virus sont similaires à un état grippal et peuvent évoluer vers des complications potentiellement mortelles. Selon l’OMS, l’incidence mondiale de la dengue a progressé « de manière spectaculaire » au cours des dernières décennies. Avant 1970, seuls neuf pays avaient connu des épidémies de dengue sévère.

« Désormais, la maladie est endémique dans plus de 100 pays en Afrique, dans les Amériques, en Méditerranée orientale, en Asie du Sud-Est et dans le Pacifique occidental, ces deux dernières régions étant les plus touchées », précise l’agence onusienne. La moitié de la population mondiale est exposée au risque.

Menace d’une flambée en Europe

La dengue sévit en particulier dans les régions tropicales et subtropicales, avec une prédilection pour les zones urbaines et semi-urbaines. C’est l’une des grandes causes de maladie grave et de mortalité chez les enfants dans certains pays d’Asie et d’Amérique latine. La menace d’une flambée de dengue existe également en Europe, selon l’OMS, et une transmission locale a été rapportée pour la première fois en France et en Croatie en 2010.

[source : pourquoidocteur]

Le moustique tigre repéré en Israël

La radio « Reshet Bet » a rapporté que des moustiques tigres ont été identifiés depuis quelques semaines en Israël.

Le ministère de l’environnement a demandé aux autorités locales de procéder à une démoustication, afin d’éviter la reproduction de ces moustiques.

Dans le message de la station de radio « Reshet Bet », est bien mentionné qu’il s’agit de l’Aedes Albopictus, plus communément appelé Moustique Tigre. Ce type de moustique aux pattes rayées noires et blanches, historiquement cantonné aux zones tropicales et subtropicales de l’Asie du Sud, colonise littéralement le monde, notamment l’Europe.

[source : israel today]

Des moustiques tigres repérés en avril près de Nantes dans la Loire

Un internaute nous a transmis ce week-end une photo d’un insecte ressemblant très fortement aux moustique tigre Aedes Albopictus.
Cet habitant de Sainte Luce sur Loire nous confie nous l’avoir envoyé du fait que le département est en « surveillance moustique tigre ».
Étonnante trouvaille, en ce mois d’avril, si haut sous nos latitudes.
Cette photo prouve bien que le moustique tigre gagne chaque année un peu plus de terrain vers le nord de la France, en colonisant de proche en proche de plus en plus de zones habitées, profitant de petits abris pour passer l’hiver « au chaud », et se réveillant aux premières douceurs.
Merci Vincent H. pour ce témoignage

moustique tigre loire

La fièvre jaune menace le Brésil

Alors qu’il restait depuis plusieurs siècles dans la forêt, le virus de la fièvre jaune fait soudainement une percée à 150 km de Rio. Il a déjà tué 162 personnes.

Au beau milieu de la forêt, près de l’océan Atlantique, Casimiro de Abreu est une petite ville du littoral brésilien. Le 11 mars 2017, elle est devenue le centre du Brésil quand un père de famille de 38 ans, Watila Santos, y est mort. Emporté par la fièvre jaune, tandis que l’un de ses voisins était envoyé à l’hôpital et que quatre cas suspects étaient placés sous surveillance. Or Casimiro de Abreu n’est située qu’à quelque 150 km de Rio de Janeiro. Une bombe potentielle, si le virus venait à investir les territoires urbains surpeuplés.

Un virus tueur de singes

Le virus de la fièvre jaune est plutôt ancien en Amérique du Sud: la traite négrière l’a en effet importé d’Afrique en compagnie de son véhicule préféré, le moustique Aedes aegypti. Des épidémies meurtrières ont éclaté jusqu’à ce que «le Brésil éradique le moustique dans les années 1950, quand les produits chimiques fonctionnaient encore», raconte Anna-Bella Failloux, responsable du laboratoire Arbovirus et insectes vecteurs à l’Institut Pasteur de Paris. «Depuis cette époque, le virus était resté cantonné aux forêts, avec des transmissions entre les moustiques et les singes.»

Quand ils n’entendent plus les singes hurler, c’est que le virus est là

Les cas de transmission à l’homme restaient des cas isolés. « Contrairement aux singes africains, ceux d’Amérique du Sud meurent de la fièvre jaune, explique la pasteurienne. Les villageois savent que quand ils n’entendent plus les singes hurler, c’est que le virus est là… »

« Chaque année le virus de la fièvre jaune se rapproche des villes, Il n’y a pas de raison qu’il ne finisse par y arriver » précise Anna-Bella Failloux, responsable du laboratoire Arbovirus et insectes vecteurs à l’Institut Pasteur de Paris

Récemment, le virus est sorti de la forêt pour effectuer une percée inquiétante chez l’homme: le 24 mars dernier, le ministère de la Santé brésilien décomptait 2104 cas notifiés de fièvre jaune, dont 492 biologiquement confirmés ; 162 personnes en sont mortes et 95 décès supplémentaires sont suspects. Cette épidémie intervient dans des zones jusqu’ici protégées de la maladie (Minas Gerais, Espirito Santo, États de Sao Paulo et Rio de Janeiro). Après la dengue, le West Nile, le chikungunya puis Zika, c’est donc au tour de la fièvre jaune de menacer le Brésil.

La fièvre jaune tue 30% des personnes infectées

La situation pourrait nettement empirer si le virus atteignait les villes, où la population n’est que peu vaccinée et Aedes aegypti très présent. L’équipe d’Anna-Bella Failloux s’est penchée sur la compétence du moustique tigre à véhiculer le virus: «Quand on infecte des Aedes aegypti en laboratoire, au bout de 15 jours 30 % sont capables de transmettre la souche brésilienne.» Ils ne sont que cependant que 10 % à véhiculer Zika, qui s’est pourtant répandu comme traînée de poudre. «Chaque année le virus de la fièvre jaune se rapproche des villes, constate Anna-Bella Failloux. Il n’y a pas de raison qu’il ne finisse par y arriver.»

La situation brésilienne inquiète. Le 8 mars dans le New England Journal of Medicine, Anthony Fauci, directeur de l’Institut américain pour les allergies et les maladies infectieuses, estimait «hautement improbable une épidémie dans les États-Unis continentaux, où la densité de moustiques est faible». Mais il imaginait volontiers des cas importés lançant des transmissions locales, voire une épidémie dans des territoires comme Porto Rico. En France, le 10 février, le Haut Conseil à la santé publique jugeait le risque «réel» aux Antilles et à Mayotte, «faible mais ne pouvant être exclu» à La Réunion et «très faible mais ne pouvant être exclu» dans les départements de métropole où sévit Aedes albopictus, un «cousin» d’Aedes aegypti.
Risque de pénurie

Aucun traitement contre la fièvre jaune

Il n’existe actuellement aucun traitement contre la fièvre jaune. La seule solution pour réduire le risque consiste à vacciner la population, ce qu’on entrepris les autorités brésiliennes. Le vaccin est efficace dès 9 mois (99% des vaccinés sont protégés 30 jours après l’injection). «Il faudrait le rendre obligatoire pour les voyageurs allant au Brésil, comme c’est le cas en Guyane», plaide Anna-Bella Failloux. Le problème réside alors dans le risque de pénurie. En effet, quatre fabricants seulement dans le monde sont capables de produire ce vaccin selon les normes de l’OMS. Un groupe international de coordination chargé de constituer des provisions du vaccin avait peiné l’an dernier à répondre à une épidémie en Angola.

[source : Le Figaro]

Le Conseil territorial de Santé s’installe dans le Var

La séance d’installation du conseil territorial de santé (CTS) du Var a eu lieu le 22 mars dernier à l’hôpital Léon Bérard, à Hyères.
Il s’agit du premier CTS installé en région Paca. Ce conseil remplace les conférences de territoire. Cette nouvelle instance se veut un nouvel outil pour le territoire, en renforçant la participation des différents acteurs.

Election du conseil

Les membres du conseil territorial ont échangé sur les principales missions de cette instance et sur le projet régional de santé à venir, qui pilotera la politique régionale.

Ils ont ensuite procédé à l’élection :
> de la présidente du CTS : Mme Caroline Depallens (conseiller départemental du Var) ;
> de la vice-présidente : le docteur Laurence Pallier (directrice du Codes 83) ;
> du représentant du CTS désigné pour siéger à la conférence régionale de la santé et de l’autonomie (CRSA) : M. Bernard Malaterre (directeur de l’hôpital Léon Bérard d’Hyères).

Qu’est-ce que le conseil territorial de Santé ?

Les conseils territoriaux de santé remplacent les conférences de territoire et sont composés d’une cinquantaine de membres qui représentent les professionnels et offreurs des services de santé, les usagers, les collectivités territoriales, les représentants de l’État et des organismes de sécurité sociale ainsi que des personnalités qualifiées.

Les rôles principaux des conseils territoriaux de santé :

  • contribue à l’élaboration, la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation du projet régional de santé
  • participe à l’élaboration du diagnostic territorial partagé

Ce conseil sera par ailleurs informé des créations de plateformes territoriales d’appui à la coordination des parcours de santé, ainsi que de la signature des contrats territoriaux et locaux de santé.

[source : ARS PACA]