Le préservatif « anti-Zika »

Le préservatif « anti-Zika » est un coup de pub. Seul le répulsif est vraiment efficace.

Le Comité olympique australien a décidé de munir ses athlètes de préservatifs « anti-Zika ». Un simple « effet d’annonce » selon Philippe Le Van, responsable médical au Comité olympique français. Il insiste sur le fait que la seule protection efficace contre le virus est le répulsif à moustique, couplée à l’utilisation d’un « simple préservatif ». Ses recommandations avant Rio.

zika preservatif

Rappel des faits

La délégation australienne aux Jeux olympiques avait décidé de munir ses athlètes d’un « préservatif anti-Zika ». Si on a bien prouvé que le virus était transmissible par le sperme, l’utilisation d’un tel préservatif relève, semble en revanche relever de l’effet d’annonce, car aucune étude d’importance à ma connaissance n’a validé cette utilisation dans ce cadre. C’est une façon, pour la marque australienne de faire parler d’elle, à un moment de forte exposition médiatique. Pour les spécialistes en médecine infectieuse et parasitaire, ce préservatif n’a aucune plus-value par rapport à un dispositif standard.

L’explication

Les personnes atteintes du Sida, une maladie bien plus grave que Zika, n’ont pas besoin de cette protection supplémentaire appliquée sur le préservatif, qui doit tuer les virus. Une personne a par ailleurs intelligemment demandé de quel côté de la membrane en latex pouvait bien se situer le virucide : à l’intérieur pour tuer les virus, ou à l’extérieur du préservatif pour protéger la partenaire? La réponse n’est pas si évidente.

Des effets secondaires méconnus

Par ailleurs, on ne sait pas encore si ce produit peut provoquer des allergies ou des problèmes de santé sur le long terme. À priori, il s’agit juste d’un médicament façon désinfectant. Mais sur les muqueuses, je n’ai aucune idée des effets que cette substance peut avoir.

Préservatif et répulsif, les meilleurs moyens de prévention

En ce qui concerne la délégation française, les athlètes auront des simples préservatifs, comme à chaque Jeux olympiques. De leur côté, les Brésiliens ont mis le paquet : on en trouvera 450.000 sur le village olympique, contre 150.000 à Londres. Jusqu’à présent, les maladies sexuellement transmissibles sont restées relativement rares. Aux derniers JO, sur 330 athlètes, nous avons dû procéder à une dizaine de consultations gynécologiques, la plupart sans rapport avec des MST.

Comment lutter efficacement contre le zika

La meilleure prévention contre Zika, et la seule qui existe vraiment, c’est de repousser le moustique et d’éviter d’être piqué. Le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) emmènera à Rio près de 4.000 échantillons à base d’icaridine, l’un des meilleurs répulsifs du moustique tigre. Ils seront présents sous forme de lait pour le corps, pour une protection de huit heures, et devront être appliqués une à deux fois par jours. Les athlètes devront également s’enduire d’une lotion, elle aussi à base d’icaridine, d’une efficacité de quatre heures, à passer 3 à 4 fois par jour.

Nous leur donnerons, juste avant le départ, un répulsif à moustiques dans leur bagage à main, pour pouvoir en mettre dès leur arrivée à Rio. Ce serait dommage de se faire piquer à la descente de l’avion.

Par ailleurs, nous avons effectué une mission de reconnaissance à Rio, fin mars, pour tester le répulsif. Et effectivement, nous n’avons eu que très peu de moustiques. Et comme le mois d’août marquera le début de l’hiver au Brésil, nous serons dans une période peu propice à la prolifération des moustiques.

[source : Nouvel Obs]

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