Elevage à grande échelle de moustiques OGM au Brésil

Des moustiques génétiquement modifiés

Depuis plusieurs années, et dans le cadre d’un programme de lutte contre la dengue, des laboratoires travaillent sur la modification génétique de moustiques (aedes aegypti) afin de les rendre stériles. Déjà en 2012 nous avions rédigé un article sur ce sujet : moustiques genetiquement modifies.
Le Brésil envisage aujourd’hui de porter ces innovations à plus grande échelle.
Le concept est le suivant : des moustiques génétiquement modifiés sont lâchés dans la nature en quantité deux fois supérieure à celle des moustiques normaux (non transgéniques). Ils attirent les femelles pour se reproduire mais leur progéniture n’atteint jamais l’âge adulte, ce qui réduit in fine la population de l’Aedes aegypti.

Elevage à grande échelle

Le Brésil s’apprête à mettre en place le premier élevage à grande échelle de ces moustiques génétiquement modifiés.
C’est à Campinas (100 km environ de Sao Paulo) qu’a été inauguré cet élevage (via l’entreprise britannique Oxitec), qui pourra produire près de 550 000 insectes chaque semaine, soit environ 10 millions de moustiques par mois.
Ces techniques ont été mises au point depuis 12 ans au Royaume-Uni. Une nouvelle série de tests est prévue à Jacobina (Etat de Bahia), en relachant des millions de ces moustiques afin de vérifier l’efficacité de la méthode.

De tests probants : réduction de 80% du nombre de moustiques sauvages

Des tests avaient déjà été effectués en 2011 à Juazeiro, dans le même Etat au nord-est du Brésil, et ces tests avaient été probants, puisqu’ils avaient démontré une baisse de 80 % de la population de moustiques sauvages. Les mêmes chiffres ont été vérifiés lors d’opérations semblables aux Iles Caïmans et en Malaisie.

Commercialisation pas encore autorisée

Oxitec ne peut pas encore passer de contrat avec les pouvoirs publics afin de vendre ses moustiques. L’agence de veille sanitaire du Brésil (Anvisa) doit au préalable donner son aval pour vendre ces moustiques transgéniques aux collectivités brésiliennes.

Le coût de cette technique

Selon Oxitec, une ville de 50 000 habitants paierait ce service de 670 000 à 1,6 million d’euros puis 335 000 euros par an ensuite pour maintenir la population d’insectes transgéniques. Le Brésil serait alors le premier pays à approuver l’utilisation généralisée de l’Aedes aegypti transgénique pour combattre la dengue.

[Source : lemonde.fr]

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